| | News

MAG, l’artiste qui sème le sourire en ville de Genève

MAG et son marker sont à l'œuvre. | Photo Heidi.news (DR)

Ce témoignage est issu de notre newsletter Le Point fort, consacrée chaque vendredi à la culture. C'est gratuit, inscrivez-vous!

Des pancartes avec des messages bienveillants essaiment à Genève, depuis le début de la semaine. L’œuvre d’une créatrice locale, qui veut «prêcher le positivisme en public».

«Je suis là pour toi»,  «Si ça ne va pas, mange du chocolat». Les mots de l’artiste MAG donnent la pêche. Nous sommes dans son atelier, en ce début de semaine ensoleillée. Un petit paradis des peintres, niché dans une ruelle du quartier des Grottes. Sur les murs, des œuvres «façon Pollock», l’artiste fétiche de cette blonde charismatique. Ailleurs, des collages dans un style pop art, où les femmes voluptueuses dominent.

Une pandémie de mots positifs

Si MAG nous invite dans son univers ce jour-là, c’est pour nous présenter sa démarche originale en cours. Une initiative feel good qui vise à «donner le sourire au public». En clair,  elle inscrit des mots bienveillants sur des matériaux de récupération, puis les plantent un peu partout dans le centre-ville. «Je veux créer une pandémie de mots positifs», ironise-t-elle. «L’idée m’est venue pendant les derniers mois de confinement. Cette période difficile a fait que je rencontre de nombreuses personnes qui ont l’air déprimées. Donc je fais ce que je sais faire de mieux: je récupère des matériaux qui sont destinés à la décharge pour rédiger des gentils mots. Je trouve mes supports chez Jumbo, dans la poubelle ou dans les boutiques d’occasion. Puis je fais mes inscriptions au marker. Les gens qui les aiment peuvent les emmener à la maison. Il peuvent aussi les relooker. Ceux qui ne les aiment pas peuvent les jeter à la poubelle. Ça m’est égal.»

MAG2.jpeg
Un des messages disséminés à Genève. | Photo Heidi.news (DR)

Pendant combien de temps pourra-t-on profiter de ces pancartes? «Je vais continuer cette démarche jusqu’à ce que j’en aie marre. Ou jusqu’à ce que je me fasse amender. J’espère que mon idée plaira à la Municipalité.»

Art vandale

La démarche de MAG ne s’inscrit donc pas dans une transgression. Paradoxal, puisque l’artiste puise une bonne partie de son inspiration dans l’art vandale. «Pour mes collages, je prends des photos de graffitis, puis je les assemble sur des toiles. J’adore les brocantes, les vide-greniers et les boîtes d’échange. Pour moi, la création, c’est transformer le vieux en quelque chose de nouveau. Je déchire les images de vieux livres pour mes tableaux. J’achète des vieux meubles et je les retape. Les objets anciens me donnent mon élan créatif.»

MAG3.jpeg
MAG dans le restaurant où elle expose. | Photo Heidi.news

Pour faire tourner la baraque, MAG peut compter sur un petit réseau d’acheteurs grandissant. «Je vends à quelques clients fidèles et j’expose au restaurant “Saveurs et couleurs”, mais j’aimerais désormais inclure des démarches bénévoles dans mon cheminement artistique.»

Son prochain happening? «Je vais mettre un de mes tableaux dans la rue avec un panneau “free art” dessus, invitant le public à le prendre. Puis, je vais me planquer avec une caméra pour filmer ce qui se passe.»

link

Plus d’information

Heidi.news sur Telegram, chaque fin de journée, recevez les articles les plus importants.
Inscrivez-vous!

Lire aussi