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Un photographe de guerre enchante le musée Barbier-Mueller et l'harmonie sonne juste

Garçon du peuple Suri, vallée de l’Omo, Éthiopie, 2014. Une photo de Steve McCurry / Courtesy Musée Barbier-Mueller

Le musée Barbier-Mueller à Genève met jusqu’au 23 août ses collections d'art africain en regard du travail du célèbre photographe américain Steve McCurry. L'écrivain Max Lobe en est resté épaté.

Ces dernières semaines, ce qui frappe lorsqu’on pousse la porte du musée Barbier-Mueller, c’est ce masque-planche haut de plus de deux mètres. À sa base, un visage aux grands yeux. Des cercles concentriques lui donnent le regard d’une chouette ahurie. À la place du nez, un crochet proéminent qui ne peut être celui d’une chouette, mais d’un calao. En haut, pointe une lame en forme de demi-lune. Des cornes? Le corps de l’œuvre saisit par la beauté de ses formes géométriques; des carrés noirs sculptés dans le bois dessinent un damier. Plus près, on note qu’il s’agit d’un masque nwantantay des peuples Bwa et Gan du Burkina-Faso. Un bijou de la collection Barbier-Mueller qui converse avec une photographie là, à sa droite: Studio de cinéma Cinécittà, Roma. On y voit les restes de l’histoire de ce haut lieu culturel, ce temple cinématographique, ce Hollywood européen du siècle dernier. Les carrés noirs du masque Bwa se muent soudainement en rouge-ocre. Une statue romaine au centre de la photographie signée Steve McCurry rappelle les heures de gloire de ce lieu décapée par les flammes.

Le génie curateur

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