| Idées

Le Conseil fédéral doit murmurer à l’oreille des chevaux

Claude-Inga Barbey

C’est très compliqué d’entretenir l’espérance, aussi exigeant et coûteux que d’entretenir un cheval. C’est une des tâches (et peut-être la plus pointue en ce moment) du Conseil fédéral et de sa task force. Entretenir la fougue tout en bridant l’animal. Le faire courir quotidiennement, mais au bout d’une longe, le maintenir au pas avec des œillères afin qu’il ne soit pas distrait par les sollicitations extérieures. Et le piquer au flanc si nécessaire.

Qu’il se laisse docilement enfermer pour la nuit avec la promesse d’un sucre ou d’un ballot de foin. La nuit, debout dans sa stalle étroite, le cheval empêché contemple le ciel étoilé et rumine l’espérance. Et on le laisse faire, parce que l’espérance n’est pas incompatible avec l’obéissance, loin de là. Dans la boîte de Pandore, qui était en fait une jarre, Zeus avait enfermé tous les fléaux de l’humanité. Dont la famine, la folie, le vice, la vieillesse, la maladie… Il avait retiré la voix aux fléaux, afin que les humains ne soient pas prévenus de leur arrivée et qu’ils ne puissent en esquiver aucun.

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