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La réouverture n'assure pas la rentabilité aux cinémas

Photo : Lucia Hunziker

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Troisième génération à gérer l'entreprise familiale, Edna Epelbaum se dit «soulagée et optimiste» à la suite des assouplissements consentis par Conseil fédéral. L'exploitante de vingt-sept cinémas concède que la réouverture «redonnera de l'énergie à nos collaborateurs, leur permettra de travailler à nouveau et réjouira évidemment les cinéphiles».

Encore des restrictions. Les nouvelles mesures fédérales permettront d'accueillir cinquante personnes ou un tiers de la capacité dans les salles obscures dès le 19 avril. Elles fragiliseront toutefois encore le secteur. «Nous ne sommes pas encore à la fin du tunnel et la rentabilité de l’entreprise n’est pas encore assurée», explique Edna Epelbaum. Les cinémas ne seront par rentables «à cause des mesures très rigides», comme l’interdiction de vendre popcorn ou boisons aux spectateurs.

Entre novembre 2020 et mi-avril 2021, la fermeture a provoqué des pertes collatérales puisque «nous n'avons pas pu ouvrir durant les mois d'hiver, les plus importants pour nous, et avons perdu 100% des revenus». L'entreprise a également dû creuser dans ses réserves pour survivre. «Si l'on compare l'année 2019 à 2020, j'estime la chute des recettes à 70%», précise Edna Epelbaum.

Le concept de protection est déjà en place pour rouvrir partiellement dès le mercredi 21 avril: port du masque obligatoire, places numérotées, application pour le traçage et distanciation pendant les séances.

Retrouver l’envie d’être ensemble. Le dernier défi de la réouverture: faire revenir le public dans les salles. «Les spectateurs vont venir, c’est certain, même si l’offre de films se limitera dans un premier temps à 5 ou 7 propositions par semaine dans quelques cinémas de notre groupe». Il y aura par exemple bientôt Adieu les cons d'Albert Dupontel, film lauréat de sept récompenses à la cérémonie des César 2021.

Et les personnes qui se sont habituées au streaming durant la pandémie? «Cette concurrence n'est pas nouvelle, le streaming n'est pas le diable et il remplace plutôt les DVD que les salles de cinémas», répond du tac-au-tac Edna Epelbaum. «La plus grande difficulté sera de redonner l'envie aux gens d'être ensemble.»

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