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La chorégraphe Yasmine Hugonnet: «Sans relation avec un public, je n’ai plus de métier»

Yasmine Hugonnet. Photo: Gregory Batardon

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Dans le cadre de son métier, la danse, Yasmine Hugonnet voyage énormément et elle aime ça. Habituée dès son enfance au déplacement, elle quitte la Suisse à 13 ans pour suivre les cours du Conservatoire national supérieur en danse contemporaine à Paris. Danseuse et chorégraphe, l’artiste de 41 ans a vu sa nouvelle création, Seven Winters, fauchée par l’arrivée du Covid. Ou plutôt décalée dans le calendrier. Heureuse d’être de retour en répétitions avec ses interprètes, elle se réjouit de présenter la pièce au théâtre Vidy-Lausanne du 23 au 27 septembre 2020.

Tout en nuances, elle se souvient de son confinement en France. «J’étais à Paris. Sur le plan personnel, mes sentiments étaient très opposés. Par rapport à mon métier qui m’oblige à me déplacer beaucoup, j’ai vécu l’expérience de l’ancrage dans une longue durée. J’ai ressenti une forme de plaisir dans la continuité dans mon logement, en présence de mon enfant, de mes plantes. J’ai vu des choses que je n’avais pris le temps de voir. J’ai aimé cette intimité, cet espace pour réfléchir. J’ai beaucoup travaillé seule, de manière conceptuelle par le dessin et par la réflexion, c’était très riche. J’étais aussi tiraillée par des moments de tension intérieure, lorsque je réalisais que sans relation avec un public, je n’ai plus de métier. C’était encore plus terrifiant de constater que je n’avais plus l’envie d’aller creuser en moi pour raconter des choses.»

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