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«Aller au musée nourrit l'âme»

Photo: Olivier Lovey

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Céline Eidenbenz, la directrice du Musée d’art du Valais, est soulagée depuis mardi. Son équipe peut à nouveau remplir sa mission de partage! La joie se réinstalle en voyant les visiteurs pousser la porte de l’espace sédunois afin d’admirer les oeuvres de l’exposition-hommage aux donateurs de ces 20 dernières années. My Pleasure! Donations, etc. 2000-2020 a été vernie fin novembre, soit quelques jours avant une nouvelle fermeture liée au coronavirus. Calendrier malheureux. Seuls quelques chanceux avaient pu apprécier le riche accrochage qui retrace un pan de l’histoire du canton.

Mais après ces trois jours d’ouverture, ils sont (enfin) plus nombreux. «On a aussi constaté que le flux de visiteurs est plus dense qu’aux mêmes dates l’année passée et ce, malgré la belle météo et le fait que l’on soit en semaine», précise Céline Eidenbenz. En moyenne, le Musée d’art compte sur la curiosité de 400 personnes par mois, 6000 à 7000 sur une année. «Ce qui nous a vraiment réjouit, c’est qu’un tiers d’entre eux n’était jamais venu chez nous avant. Les agents d’accueil ont remarqué une vraie soif de culture!» Le Musée attire de nouveaux publics.

Pendant ces derniers mois «ankylosés», l’enceinte s’était réinventée pour rester vivante. «Nous avons mis en place une visite virtuelle augmentée. Comme sur Google Maps, il est possible de se balader dans l’exposition et d’accéder à des commentaires audio.» Le Musée d’art a également décidé pour la première fois d’offrir une résidence à long terme pour un ou une artiste de la région. C’est Emilie Gougain, diplômée de l’EDHEA (Ecole de design et haute école d’art du Valais) qui a pris possession d’un atelier en septembre.

Quand on parle à la directrice d’un possible retournement de situation à l’ère des incertitudes, elle répond d’un souffle. «La santé prime mais le musée n’est pas un lieu où on attrape le Covid, ça été prouvé à plusieurs reprises. Franchement, je serais profondément attristée de devoir faire face à une autre fermeture.»

Après les arguments scientifiques, économiques et sociaux pour riposter face à un tel cas de figure, Céline Eidenbenz souhaite ajouter le thérapeutique avec les ordonnances muséales. Il s’agit d’un projet-pilote à Montréal qu’elle aimerait voir implémenter en Suisse. En quoi cela consiste? Depuis novembre dernier, les médecins prescrivent des visites de musées à leurs patients souffrant de certains troubles mentaux comme l’anxiété ou la dépression. «Aller au musée nourrit l’âme. Voir de l’art permet de philosopher, de donner un sens à la vie!» Pour Céline Eidenbenz, c’est un environnement idéal pour se ressourcer.

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