Une initiative veut imposer les grosses successions pour lutter contre la crise climatique

Les JS ont présenté leur initiative ce mercredi 17 août. Photo: JS.

Les Jeunes socialistes (JS) ont lancé ce mercredi 17 août une initiative pour imposer les successions et donations de plus de 50 millions de francs à un taux de 50%. Le fonds qui en découlerait permettrait de financer des projets pour lutter contre le réchauffement climatique, notamment en développant des énergies renouvelables locales ou encore en construisant des logements sociaux et écologiques. Deux tiers de ces recettes fiscales reviendraient à la Confédération et un tiers aux cantons.

Un contexte caniculaire. Les JS ont présenté leur initiative, intitulée «pour une politique climatique sociale financée de manière juste fiscalement» (initiative pour l’avenir), à Berthoud dans le canton de Berne, devant la rivière Emme asséchée depuis juin par les vagues de chaleur qui sévissent. «Les fortunes des ultra-riches ont augmenté, tout comme les températures affichées au thermomètre», a déclaré le président du parti Nicola Siegrist.

Les ultra-riches dans le viseur? Avec cette initiative, la JS dit vouloir «chercher l'argent chez celles et ceux qui ont le plus profité de notre système économique destructeur, le capitalisme». Ce nouvel impôt toucherait près de 2000 personnes en Suisse et rapporterait, selon les auteurs du texte, 6 milliards de francs par année. Les Jeunes PLR, quant à eux, ont déclaré dans un communiqué vouloir lutter «avec véhémence» contre ce texte qui attaquerait «le modèle de réussite suisse».

Pourquoi c’est intéressant. Selon le World Inequality Report 2022, les milliardaires ont vu leur fortune croître ces dernières années dans le monde. Et ce essentiellement grâce à des patrimoines financiers. Pendant la pandémie seulement, les ultra-riches ont ainsi vu leur capital renchérir de plus de 3600 milliards de dollars, alors que dans le même temps 100 millions de personnes sont passées dans l’extrême pauvreté.

Les inégalités financières ne cessent de se creuser, et ce fossé se répercute jusqu’au dérèglement du climat: on estime que 10% de la population mondiale la plus aisée est responsable de près de la moitié des émissions de GES, qui contribuent au réchauffement climatique. En revanche, les 50% des plus pauvres représentent environ 7% des émissions mondiales. Au début de l’année, le Parti socialiste et les Vert·e·s ont notamment lancé une initiative conjointe pour la création d’un fonds climatique.

Lire aussi: «La croissance économique n'améliore plus la qualité de vie»

link

A lire sur la RTS