Un projet de rapport du GIEC évoque des scénarios catastrophe

Paysage de sécheresse (image d'illustration) | Pixabay

Le prochain rapport du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (Giec) des Nations unies dresse un constat catastrophique — voire cataclysmique — des retombées du dérèglement climatique sur l’humanité, écrit ce 23 juin l’AFP. Le document — un résumé technique provisoire extrait du prochain rapport du Giec — n’y va pas de main morte: «La vie sur terre peut se remettre d’un changement climatique majeur en évoluant vers de nouvelles espèces et en créant de nouveaux écosystèmes. L’humanité ne le peut pas.»

Pourquoi c’est plus compliqué. De tels extraits sont de nature à faire réagir, et pour cause: le document était à la base destiné aux gouvernements. Il s’agit d’un document de travail temporaire du deuxième groupe de travail du Giec, qui circulé auprès des dirigeants entre le 4 décembre 2020 et le 29 janvier 2021, explique le Giec. Lequel rappelle qu’il s’agit de «documents de travail confidentiels» et non pas de la version définitive, et qu’il ne peut donc commenter leur contenu alors que le travail de rédaction est encore en cours.

Valérie Masson-Delmotte,  co-présidente du Groupe I du Giec, a rappelé sur Twitter qu’elle ne commentait pas des travaux en cours, que ce rapport impliquait le travail de pas moins de 260 auteurs et plus de 1000 relecteurs et que plus de 40’000 commentaires devaient être examinés avant la version définitive.

La suite du calendrier. Les différents chapitres du sixième rapport du Giec seront révélés progressivement:

  • La première partie de la contribution du groupe I, qui travaille sur les bases scientifiques du changement climatique, devrait être dévoilée le 9 août 2021.

  • La contribution du groupe II, qui évalue les impacts, l’adaptation et la vulnérabilité au changement climatique — c’est de ce chapitre dont il est question ici — devrait être validée en février 2022.

  • Enfin, la contribution du groupe III, qui s’intéresse aux mécanismes d’atténuation du changement climatique, sera connu la dernière semaine de mars 2022.

Des échéances qui pourraient se révéler tardives, au vu des dates des prochaines réunions internationales sur le climat et la biodiversité prévues fin 2021, par exemple la COP15 qui doit se dérouler en Chine en octobre. C’est aussi en ce sens qu’on peut comprendre la fuite de ce document de travail dans la presse.

Le scénario catastrophe. Dans le document de travail, le Giec abaisse aussi à 1,5°C le seuil de hausse des températures pouvant entraîner des conséquences graves et parfois irréversibles. Or, selon l’Organisation météorologique mondiale, la probabilité que ce seuil de 1,5 °C sur une année soit dépassé dès 2025 est déjà de 40%.

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