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Pourquoi la BNS continue-t-elle d'investir dans des firmes climaticides?

Fronton du bâtiment de la Banque nationale suisse (BNS). | Keystone / Gaetan Bally

L'Alliance climatique a de nouveau épinglé la BNS pour ses investissements dans des entreprises tout sauf vertes. Pourquoi l'institution financière reste-t-elle si timide en matière de finance verte? On essaie de comprendre.

L’Alliance climatique, coalition de plus de 140 ONG actives dans la protection de l’environnement, a déjà pointé plusieurs fois du doigt la Banque nationale suisse (BNS) pour ses actifs fossiles. Elle a récidivé ce 16 janvier 2023, en livrant une estimation de l’ensemble des investissements de la BNS, estimés à environ 203 milliards de dollars.

En particulier, l’Alliance climatique, qui regroupe quelque 140 associations et organisations suisses, met en lumière les actifs de la BNS dans sept sociétés aux actions jugées climaticides. Il s’agit de: Chevron, Duke Energy, ExxonMobil, Shell, TotalEnergies, Enbridge et Repsol.

Pour Stephany Wyss, de l’Alliance climatique:

«Il est tout simplement incompréhensible que nous devions encore attirer l'attention de la Banque nationale suisse sur sa responsabilité d'agir en 2023, huit ans après l'accord de Paris sur le climat. D'autant plus que Ueli Maurer a déclaré que la place financière suisse devait jouer un rôle de pionnier au niveau international dans le domaine de la finance durable. Quelque chose se contredit totalement ici. J'appelle cela du greenwashing.»

Ce qui lui est reproché. Selon l’analyse commandée par l’Alliance climatique:

  • Le volume des investissements de la BNS dans ces sept sociétés problématiques dans le domaine de l’énergie a augmenté depuis début 2022, tandis que ces entreprises ont largement profité de la crise énergétique née de la guerre russe en Ukraine.

  • La BNS pourrait théoriquement utiliser les droits de votes attachés aux actions qu’elle détient dans ces sociétés pour influencer leur gouvernance environnementale et climatique, mais elle ne le fait pas.

  • Selon le collectif, la BNS enfreindrait ses propres directives de placement en investissant dans des entreprises dont les actions violent des droits humains et causent de graves dommages à l’environnement.

La question centrale. Quelles sont les règles d’investissement de la BNS en matière de finance durable, qui les fixe, et surtout:

Pourquoi la BNS continue-t-elle d'investir dans des entreprises aux actions climaticides aujourd’hui?

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