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Les «îlots de chaleur urbains» (1/3), ou quand les villes se transforment en pièges mortels

La façade d’un immeuble à Genève, avec des parasols de jardins et des stores fermés pour chasser la chaleur. | Keystone / Martial Trezzini

Les villes, qui se réchauffent davantage que les périphéries, se transforment en véritables pièges à chaleur lorsque survient une canicule. Un phénomène, nommé «îlot de chaleur urbain», dont les conséquences peuvent s’avérer fatales. Heidi.news fait le point sur un enjeu de santé publique de demain.

Pourquoi c’est important. La moitié de la population mondiale vit dans les villes, où les températures sont souvent plus élevées que dans les campagnes. Si un tiers des décès liés à la canicule dans le monde est déjà attribué au changement climatique, le phénomène est appelé à s’intensifier. Les villes sont aussi un levier essentiel pour limiter le réchauffement de la planète, selon les dernières conclusions du Giec.

L’îlot de chaleur urbain, c’est quoi? Lors de périodes fortement ensoleillées, comme en cas de canicule, l’air dans les villes a tendance à se réchauffer davantage que dans les périphéries. Les surfaces imperméabilisées et minéralisées absorbent le rayonnement solaire, d’où des températures locales parfois jusqu’à 6 degrés plus élevées que les campagnes environnantes.

Ce phénomène d’«îlot de chaleur urbain» est accentué par la rareté de la végétation et des plans d’eau, la densité du bâti, et les activités urbaines: rejet de l’air chaud liés aux industries, à la climatisation, au chauffage, à la circulation routière et à l’éclairage public.

En ville, coup de stress thermique. Cet effet de concentration de chaleur a des conséquences néfastes sur la santé de la population, comme le souligne Ana Vicedo-Cabrera, spécialiste des effets du changement climatique sur la santé à l’Institut de médecine sociale et préventive de l’Université de Berne:

«Les températures extrêmes sont aujourd’hui l’un des dangers environnementaux les plus importants. Elles augmentent le risque de mortalité, notamment de maladies cardiovasculaires. En Suisse, comme dans le monde, on estime que la chaleur extrême est responsable de 1% de tous les décès. Dans les villes, le phénomène s’accentue.»

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