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La climatologue Valentine Python appelle à une révolution verte

Valentine Python | Keystone / Gaetan Bally

L’élue vaudoise est entrée au Conseil national à l’automne 2019. En 18 mois, Valentine Python a dû concilier impartialité scientifique et travail partisan pour son parti, Les Verts. Une tâche difficile que la climatologue raconte dans «Une climatologue au Parlement», livre paru aux éditions de L’Aire. Son bilan est mitigé et elle évoque un «sentiment d’impuissance» face à l’urgence climatique «ou comment la politique des petits pas ne répond pas à l’urgence écologique».

Son livre, en trois grands chapitres, raconte les liens entre l’urgence, l’engagement politique et la nécessité de rapprocher la science de la politique. Son message principal est très engagé: il appelle à une révolution des idées et à la construction d’un nouveau mythe commun, pour l’environnement et pour le vivant, duquel l’humain ne peut être extrait. Entretien à quelques jours des votations sur les lois CO2 et pesticides.

Heidi.news – Pourquoi cet ouvrage?

Valentine Python – En tant que climatologue, j’ai une conscience aiguë de l’urgence climatique: elle a bien émergé au niveau planétaire et même au sein des élites. Malheureusement, cette urgence ne se limite pas au réchauffement climatique, c’est bien pour cela que j’insiste sur urgence écologique dans mon livre. En plus du réchauffement climatique, l’humanité est confrontée à huit autres limites planétaires.

Le concept scientifique des neuf limites planétaires a été présenté en 2009, puis en 2015. Il définit un espace de développement sûr et juste pour l’humanité fondé sur neuf processus biophysiques qui, ensemble, régulent la stabilité de la planète. L’espace fini dans lequel nous évoluons tous ne permet pas la croissance à l’infini.

C’est ce que j’enseigne à l’Université de Neuchâtel. J’attache une grande importance à l’éducation et à la formation aux enjeux de développement durable. Je vise avant tout à apporter à chaque individu les connaissances et les outils nécessaires pour qu'il puisse se faire sa propre opinion: il n’est pas du tout question pour moi d’aborder l'écologie comme un formatage, mais de diffuser les connaissances scientifiques.

L’urgence climatique devient un enjeu majeur, mais pas les neuf limites planétaires théorisées par Will Steffen et Johan Rockström. En quoi est-ce si important?

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