Réservé aux abonnés

L'avenir appartient aux SUV, pour le meilleur ou pour le pire

Un SUV dans son usine de fabrication (image d'illustration) | Keystone/AP / Jon Morgan

Il fallait une balise pour marquer la fin de la crise Covid-19. Le 16 février, le Conseil fédéral annoncera la fin des restrictions sanitaires en Suisse. Climat, santé, technologie, éducation, vie quotidienne: durant la semaine qui précède cette échéance, Heidi.news explore ce qui sera le monde d'après.

Dans le secteur automobile, malgré la crise des semiconducteurs qui complique la vie des usines de fabrication, un grand gagnant se dégage indépendamment de la pandémie: le SUV. Ces Sports Utility Vehicles à la garde surélevée, plus spacieux et lourds que les berlines classiques, dont les ventes de véhicules neufs ont bondi à nouveau en 2021 par rapport à 2020, atteignant même un nouveau record mondial. Or ces véhicules sont les deuxièmes contributeurs à l’augmentation des émissions de CO2 entre 2010 et 2021, notait en novembre dernier l’Agence internationale de l’énergie (IEA).

Pourquoi c’est important. La pandémie, entre confinements, restrictions de déplacements et télétravail obligatoire, a d’abord entraîné une baisse inédite des émissions de gaz à effet de serre du secteur des transports, y compris en Suisse. Une diminution de courte durée, puisque le trafic routier a désormais quasiment retrouvé les mêmes niveaux qu’avant la pandémie. C’est tout particulièrement un enjeu en Suisse, où les voitures individuelles sont les principales émettrices de CO2.

Aux origines d’un succès planétaire. Les SUV trouvent leur origine aux Etats-Unis, où les premiers modèles dérivaient au départ des modèles pick-up, utilisant d’identiques châssis surdimensionnés et profitant même, jusqu’au début des années 2000, d’une zone d’ombre dans le droit américain. Ils étaient considérés comme des camions légers plutôt que comme des voitures individuelles et n’étaient ainsi pas soumis aux régulations environnementales concernant ces dernières. En Australie, ils bénéficiaient, jusqu’à 2010, d’un avantage fiscal à l’importation, pour la même raison.

Aujourd’hui, la dénomination de SUV peut concerner, en fonction des gammes, des constructeurs et des réglementations nationales, des véhicules très différents, sur un segment qui s’étend approximativement du crossover au 4x4.

L’essor se poursuit malgré la pandémie… La popularité grandissante des SUV n’a été que peu affectée par la pandémie, une singularité dans un secteur où les ventes se sont effondrées en 2020. «Le nombre de SUV sur les routes dans le monde a augmenté de plus de 35 millions au cours des 12 derniers mois, entraînant une hausse des émissions annuelles de CO2 de 120 millions de tonnes», décrivaient dans un commentaire publié en décembre dernier, Laura Cozzi et Apostolos Petropoulos, modélisateurs pour l’IEA. Soit une croissance de plus de 10% entre 2020 et 2021, notent-ils. En 2021, ils représentent même 45% des ventes mondiales de voitures neuves — un record.

Réservé aux abonnés

Cet article est réservé aux abonnés.

Déjà abonné(e) ? Se connecter