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Jeu de dupes à Genève autour des pistes cyclables

En termes de mobilité, le confinement n'est plus qu'un lointain souvenir. Keystone / Martial Trezzini

«C’est le petchi.» Avec l’éloquence qui le caractérise, l’ex-conseiller d’État Luc Barthassat a prononcé, vendredi 3 juillet, cette sentence définitive en haranguant une foule de motards venus faire vrombir leurs bolides autour de la rade pour protester contre la prolongation de 60 jours d’aménagements cyclables temporaires, introduits à la fin du mois de mai. Avec d’autres, Christian Lüscher avait aussitôt embrayé en colportant l’idée selon laquelle pénaliser le transport automobile reviendrait à nuire à l’économie. Le propos peu nuancé du conseiller national PLR a ainsi retenti jusque dans la Revue automobile: «Profitant du coronavirus, ce qui est odieux, les autorités ont construit un gigantesque foutoir. […] Ce qui a été fait à Genève vise à punir les automobilistes et l’économie.»

Pourquoi c’est faux. Le Département genevois des infrastructures (DI), dirigé par le conseiller d’État démocrate-chrétien Serge Dal Busco, décompte environ 5h30 d’embouteillages par jour à Genève depuis le début du déconfinement. Et il est vrai que cela coûte cher à l’économie, en temps perdu, en gaspillage d’essence, sans parler de la pollution sonore et atmosphérique. La Confédération a calculé que l’économie suisse a perdu 1,9 milliard de francs en 2015 du fait l’engorgement du trafic automobile. Mais c’est sur la cause de ces bouchons que cette alliance anti-vélo fait fausse route. Voyons pourquoi.

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