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«En matière d'énergie, la Suisse se comporte comme un enfant gâté»

Stéphane Genoud, professeur à la HES-SO Valais, photographié en 2017 | Keystone / JEAN-CHRISTOPHE BOTT

Augmentation des prix de l’électricité, craintes de black-out hivernal, renflouement d’Axpo par le Conseil fédéral… L’actualité de la rentrée s’annonce chargée sur le front de l’énergie. Heidi.news s’est entretenu sur la situation énergétique de la Suisse avec Stéphane Genoud, professeur en management de l’énergie à la HES-SO Valais. Entretien garanti sans langue de bois!

Heidi.news — Selon vous, le Conseil fédéral, qui a annoncé une vaste campagne de communication sur les économies d’énergie mercredi dernier, a-t-il pris la mesure de la situation?

Stéphane Genoud — La probabilité qu’un black-out ne se produise pas l’hiver prochain n’est bien sûr pas nulle. Je devais donner une conférence en Valais le lendemain, et pour ironiser, je suis arrivé avec mes couvercles de casserole… Une telle campagne peut apprendre à certains comment économiser un peu d’énergie chaque hiver, mais à mon avis, le message n’est pas à la hauteur de l’enjeu. Quelque part, on nous prend pour des enfants.

Constater que la Suisse subit un déficit d’énergie est une chose, mais je regrette que les explications n’aient pas été données par les intervenants directement à la population. J’aurais voulu voir Mme Sommaruga en direct à la télévision avec quelques experts pendant une heure pour répondre aux questions de la population, ça aurait eu du sens.

Le fond du problème, c’est que nous consommons trop d’énergie. Il faudrait déjà assainir le bâti par l’isolation, mettre un terme à notre dépendance au gaz… Mais que fait-on concrètement pour réduire notre empreinte CO2? Nous nous comportons comme des enfants gâtés.

Lire aussi: Black-out, le talon d’Achille électrique de la Suisse

La situation est pourtant inquiétante...

C’est une tempête dans un verre d’eau. Il y a des millions de personnes sur Terre qui n’ont pas accès à l’énergie tous les jours. Et nous, nous avons de l’énergie à profusion, au point où quatre heures de coupures planifiées en hiver nous semblent la fin du monde. Bien sûr, de telles coupures peuvent être graves si elles ne sont pas prévues. Mais si nous devons en passer par des coupures planifiées, ce ne sera pas la fin du monde, ce sera juste qu’on a été mauvais!

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