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Don't Look Up, ou la place ambivalente du solutionnisme technologique

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Attention: cet article dévoile des éléments importants de l'intrigue du film.

Produite par Neflix, Don’t Look Up est une satire féroce au casting de choc où l’on retrouve deux scientifiques — incarnés par Jennifer Lawrence et Leonardo DiCaprio — qui tentent d’alerter l’humanité face à la découverte d’un danger existentiel et imminent: une comète qui fonce droit vers la Terre. Sans grand succès: après avoir d’abord classé l’information comme secrète défense, la présidente des Etats-Unis— incarnée par Meryl Streep — cèdera finalement aux promesses techno-économiques d’un grand patron de la tech qui la convainc d’attendre le dernier moment pour dévier l’objet céleste… afin de pouvoir exploiter ses ressources minières. Et jusqu’au dernier moment, des éditorialistes de plateau TV — avec Cate Blanchett dans un rôle de composition— n’en finiront plus de pérorer en boucle, un jour blanc, le lendemain noir. Bienvenue dans l’ère de la post-vérité. En arrière-plan, un acteur jamais nommé: le climat, théâtre d’une catastrophe bien réelle, elle.

Après d’autres films entre documentaire et fiction, comme The Big Short (Le casse du siècle) — sur la crise financière en 2008 — ou Vice — un biopic sur Dick Cheney —, le réalisateur Adam McKay livre ici une satire grinçante et jubilatoire. Bien évidemment, toute ressemblance avec des faits réels (l’administration Trump, l’inaction face à la crise climatique, voire la réponse de certains gouvernements face à la pandémie…) ne saurait être que totalement volontaire.

Où est le problème? Rapidement, l’engouement des critiques du film a cédé la place à la polémique. Le film critique-t-il vraiment le «solutionnisme technologique» et le capitalisme? Son réalisateur, Adam McKay, a indiqué sur Twitter que le monde dispose déjà des outils scientifiques pour résoudre la crise climatique: «les énergies renouvelables, et l’élimination et la capture du CO2», et appelle à construire une «douzaine de Projets Manhattan pour retirer le CO2 du ciel et des océans» de par le monde. Il n’en fallait pas moins pour que certains l’accusent d’être aussi naïf face aux promesses des nouvelles technologies que certains de ses personnages, et de ne pas suffisamment pointer du doigt le rôle joué par le système politico-économique dans la catastrophe. Et notamment: le capitalisme, puisque c’est de lui dont il s’agit.

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