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COP27: 5 graphes pour comprendre le problème de CO2 de la planète

L'évolution des températures moyennes en Suisse, depuis 1864 | MeteoSuisse / ShowYourStripes.info

Avant d'être un problème diplomatique et politique, la crise climatique est un problème de géophysique. Alors que la COP27 bat son plein, Heidi.news refait le point, à travers plusieurs graphes. L'occasion de tordre définitivement le cou à plusieurs idées reçues.

A Charm el-Cheikh en Egypte, les dirigeants du monde entier sont réunis au chevet de la planète à l’occasion de la COP27 pour tenter de relever les ambitions climatiques —notamment la promesse de l’accord de 2015, consistant à limiter à 1,5°C la hausse des températures d'ici à la fin du siècle. La crise climatique est devenue un problème politique et diplomatique, mais aux origines, on trouve un problème de physique, qui a entraîné un dérèglement planétaire.

La démonstration en graphes. Si vous aviez encore des doutes sur la mécanique par laquelle les émissions de gaz à effet de serre (GES) liées aux activités humaines, en s’accumulant dans l’atmosphère, favorisent la hausse des températures, suivez le guide: le point en plusieurs graphes. L'occasion de tordre définitivement le cou à plusieurs idées reçues.

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1. L’explosion des émissions de CO2

La concentration moyenne de dioxyde de carbone (CO2) dans l'air augmente régulièrement depuis la révolution industrielle. En cause, les activités humaines qui ont exploité massivement des énergies fossiles comme le charbon ou le pétrole, dont l'extraction et la combustion produisent du CO2.

Le lien avec le réchauffement? Plus les molécules de CO2 sont nombreuses, plus l’atmosphère piège le rayonnement solaire réfléchi par la Terre: il s’agit d’un gaz à effet de serre (GES). On la mesure en parties par million (ppm), ce qui représente un milligramme de CO2 par kilogramme d'air.

En Suisse, 80% des émissions de gaz à effet de serre étaient des émissions de CO2 en 2020. Le CO2 n’est pas le seul GES, mais en représente le mètre étalon: dans leur comptabilité carbone, les Etats consignent leurs émissions de GES en tonnes équivalent CO2.

Tous les GES ne se valent pas. D’abord par leur durée de vie: quelques jours pour la vapeur d'eau, contre 100 ans pour le CO2. L’ampleur de leur effet aussi diffère. Par exemple:

  • une molécule de méthane (CH4) contribue 28 fois plus au réchauffement qu’une molécule de CO2 sur 100 ans,

  • pour le protoxyde d’azote (N2O), principalement lié à des rejets dans l’industrie et l’agriculture, c’est 273 fois.

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2. «Oui, mais le climat a toujours connu des variations naturelles»

Reprenons le graphe qui précède, qui montre l’explosion des émissions de CO2 depuis la révolution industrielle. «L'échelle de temps du graphe est trop étroite, car le climat a toujours connu des variations naturelles sur le long terme», prétendent des voix climatosceptiques. Qu’en est-il?

Depuis 800’000 ans, la concentration de CO2 dans l’atmosphère a fluctué. Mais jamais, dans l’histoire du climat, elle n’avait été aussi élevée.

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3. Les puits de carbone naturels ne suivent plus

Certains sont tentés de relativiser les émissions de CO2 issues des activités humaines — on parle d’émissions anthropiques — par rapport aux échanges naturels de CO2.

Car il existe, à l’échelle de la planète, un cycle du carbone. Il y a des sources naturelles de CO2: respiration des végétaux et des animaux, éruptions volcaniques, décomposition de la matière organique, feux de forêt… A l’autre bout de la chaîne, il y a des «puits de carbone»: tourbières, forêts, océans, mais également les sols.

Avec l’augmentation des émissions liées aux combustibles fossiles, et dans une moindre mesure, les changements d’affectation des terres (déforestation par exemple), ces réservoirs ne sont alors plus suffisants pour neutraliser l’excédent, qui persiste à long terme dans l’atmosphère.

4. Un budget carbone qui limite les politiques climatiques possibles

Reprenons: le CO2 en excès dans l’atmosphère conduit à l’élévation des températures. En 2015, les Etats s’étaient entendus, lors de la signature de l’accord de Paris, sur l’objectif de limiter à 1,5°C à la fin du siècle l’augmentation des températures. De là est née la notion de «budget carbone», soit la quantité de CO2 que nous pouvons encore émettre, en tenant compte de la capacité des réservoirs naturels, avant de dépasser cette limite.

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