La COP28 sur le climat sera présidée par un PDG de compagnie pétrolière

Le ministre d'État émirati et PDG de la société d'État Abu Dhabi National Oil lors de l'exposition et de la conférence internationales sur le pétrole d'Abu Dhabi à Abu Dhabi, Émirats arabes unis, le 31 octobre 2022. | KEYSTONE / AP Photo/Kamran Jebreili

La prochaine COP sur le climat, qui se tiendra à Dubaï à la fin de l'année 2023, sera présidée par le PDG d'une compagnie pétrolière émiratie.

Ce n’est pas une plaisanterie. Sultan Al Jaber, ministre de l’industrie émirati et président-directeur général de la compagnie pétrolière Abu Dahbi National Oil Company, vient d’être désigné président du prochain sommet onusien sur le climat (COP28), qui se tiendra à Dubaï, du 30 novembre au 12 décembre 2023.

Cette nouvelle, annoncée ce jeudi 12 janvier, fait l’effet d’une douche froide au sein de la communauté scientifique, relate Le Monde. La directrice exécutive du Climate Action Network, qui regroupe 1900 organisations environnementales, appelle le ministre à démissionner de son poste de PDG.

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Pourquoi c’est inquiétant. Pour la première fois, le président d’un groupe pétrolier sera à la tête des négociations à cette conférence annuelle qui vise à dresser un plan de sortie de la crise climatique, causée pour l’essentiel par la consommation de combustibles fossiles comme le pétrole, le charbon et le gaz.

Un conflit d’intérêt qui questionne la légitimité — déjà fragilisée — de ce rassemblement des dirigeants au chevet de la planète. En effet, un nombre record de lobbyistes du fossile avaient déjà participé à la COP27 en Egypte, conduisant des militants comme Greta Thunberg à fustiger, comme pour l’édition précédente, un sommet de «greenwashing».

En 2022, on comptait à Charm El-Cheikh 636 lobbyistes pour les énergies fossiles, soit davantage que toutes les délégations nationales, à l’exception de celle des Emirats arabes unis. Cela représente une hausse de 25% par rapport à la COP26 de Glasgow.

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