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Avec Giorgia Meloni, sur la place des déçus

Pour la première fois depuis 1945, un des grands pays d’Europe sera peut-être bientôt dirigé par l’extrême-droite. La crise énergétique est l’un des enjeux des élections anticipées du 25 septembre en Italie. Reportage.

Il se passe des choses extraordinaires sur notre continent. Au terme de l’été de tous les dépassements climatiques, d’un été qui permet, désormais même sous nos latitudes, de pouvoir bronzer (joie) sans interruption du 15 mai au 15 septembre tout en incinérant (honte) la planète, au terme de cet été donc, vous pouvez entendre une petite femme agitée de 45 ans déclamer à des auditeurs attentifs qu’il convient de «développer au plus vite les forages pour aller chercher ce gaz qui roupille!», sous un tonnerre d’applaudissements.

Pour assister à cette scène surréaliste, il suffit de passer la frontière en direction du sud. Et d’aller écouter en meeting électoral le phénomène politique du moment en Europe – alors que l’extrême-droite, plus discrète depuis trois ans, redresse la tête un peu partout ces derniers mois, dopée par le vent délétère de la guerre et son cortège inflationniste. En Suède, elle vient de réaliser une percée historique. Et dans une semaine, sauf improbable retournement, Giorgia Meloni, puisque c’est d’elle qu’il s’agit ici, sortira grande triomphatrice des élections législatives anticipées en x²qui font si peur à Bruxelles. Exit Mario Draghi, ex-patron de la Banque centrale européenne, gardien de la doxa monétaire, technicien précis et rassurant pour les capitales européennes.

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