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Quand sonne le glas, j'ai besoin d'amour pour pleurer

Claude-Inga Barbey

11h59. Une minute de silence dans l’indifférence de la rue. Personne ne s’arrête de marcher, de bavarder, de vaquer à ses occupations. On entend bien au loin la cloche de la Roseraie mais on n’y prête pas attention, c’est midi, ça sonne midi comme tous les autres jours.

Deux trams se croisent, la patrouilleuse fait traverser les enfants, un livreur Uber tourne dans la rue Leschot, tandis que sonne la cloche, que ses «cercles de plomb se dissolvent dans l’air».* Une minute de silence… Se tenir immobile et s’abstenir de parler sur sollicitation du Conseil fédéral, en mémoire des victimes suisses du Covid. Et tout le monde s’en fout. Je ne pense pas que cette femme qui sort de chez Dosenbach avec ses nouvelles chaussures de printemps soit corona-sceptique, ni le libraire, ni ce vieil homme qui pousse la porte d’une pharmacie, et pourtant aucun de ceux-là ne semble concerné par cet hommage aux morts.

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