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On n'a vraiment plus de temps à perdre avec ces conneries, réflexions sur la vieillesse

Claude-Inga Barbey

On sait qu’on est vieux quand on n’arrive plus à dévisser une bouteille d’eau minérale d’un litre et demi. Quand on ne se maquille plus, mais qu’on s’embaume. Quand on ne regarde plus les émissions sur les animaux, parce qu’on sait très bien qu’après les éléphants qui courent dans la savane, on aura droit à un éléphant couché parterre les défenses arrachées. On sait qu’on est devenu vieux quand on trouve que la musique est trop forte, et qu’on écoute les gymnopédies, musique de prédilection des vieux et des araignées si elles jouaient du piano.

Ou quand le temps s’est distendu et qu’on se met à confondre les jours… «J’ai déjà pris mes vitamines ou c’était hier?» Quand on réalise que les choses resteront comme elles sont jusqu’au bout, certes avec quelques petits ajustements récréatifs, mais rien de bien exaltant. Quand on ressemble à une piscine abandonnée couverte de feuilles mortes, et qu’on devient l’agent d’entretien de son propre corps. Quand on peut lire toute sa vie rien qu’en ouvrant l’armoire à pharmacie.

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