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La liberté de la plante laide et anonyme

Claude-Inga Barbey

L’autre jour, j’ai eu une pensée étrange mais essentielle. J’allais au magasin de cigarettes électroniques pour acheter du tabac liquide dosé à 10 mg de nicotine pendant la pause. Je devais me dépêcher. Quand j’ai surgi dans la rue, impossible de traverser, la route était barrée, même aux piétons. Des camions de chantiers étaient occupés à fabriquer un nouveau revêtement anti-bruit sur la chaussée. Un ballet de dameuses, de pelles mécaniques et de goudronneuses, Il fallait faire tout le tour.

J’ai eu un instant d’abattement total. J’avais 5 minutes de pause, mon test antigénique hebdomadaire était arrivé à échéance une heure plus tôt, il pleuvait des cordes, impossible d’aller même boire un café, j’avais une dizaine de mails en attente sur mon téléphone, je n’avais pas eu le temps de faire des courses pour le souper, ni de faire mes paiements, j’étais en retard sur tout, dépassée, stressée, larguée sur un trottoir hostile.

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