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L'effet secondaire du vaccin, c'est le sentiment de défaite

Claude-Inga Barbey

Ce matin, je me réveille avec une solide gueule de bois. J’ai fini par céder, par plier, ils m’ont eu à l’usure, j’ai fini par le faire. Absolument contre mon gré, tout mon corps me disait non. Hier vers 15h, avant d’enfourcher mon vélo, j’ai même fait pile ou face trois fois de suite. Pile j’y vais, face j’y vais pas. Résultat: trois fois face. Et pourtant j’y suis allée quand-même.

J’ai fait la queue la rage au ventre, rempli mon petit papier, j’ai passé le petit rideau et je me suis assise. Je l’ai dit à l’infirmière, «je ne VEUX pas le faire». Elle m’a répondu «moi non plus, mais c’était ça où je perdais mon travail». Et puis elle m’a piquée. Un petit sparadrap, et 15 minutes assise à côté d’une minuterie de cuisine pour prévenir le choc anaphylactique, j’avais l’impression d’être un œuf à la coque. Un papier, un code encore, et voilà. Ce matin, bras «Moderna» et gueule de bois. Mais aucune satisfaction, aucun soulagement, aucun sentiment de devoir accompli ou de liberté retrouvée. Juste une grande lassitude et un sentiment de défaite qui m’ébranle jusque dans mes fondations d’être humain.

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