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Ignazio Cassis président, va-t-il continuer à garder le silence?

Ignazio Cassis exercera la fonction de président de la Confédération pour l'année 2022 | Keystone / Valentin Flauraud

Si tout se passe comme prévu, l’Assemblée fédérale élira, mercredi, Ignazio Cassis à la présidence de la Confédération. Soit un inconnu aux yeux de beaucoup, une énigme fédérale que les observateurs tentent de comprendre. Quelles sont ses intentions vis-à-vis de Bruxelles? Sur quelle ligne s’inscrit sa politique étrangère? Que pense-t-il de la crise climatique, du dossier des migrants? Le ministre ne s’exprime pas sur les grands enjeux du moment. Les sondages indiquent que le Tessinois est le mal-aimé de la politique fédérale, isolé au gouvernement, sans réel appui au parlement, indifférent aux yeux des Suisses. Il accumule une communication défaillante et, sans doute, pas mal de malchance. La fonction de ministre des Affaires étrangères laisse généralement ses occupants tranquilles. N’était le dossier européen, dont Ignazio Cassis a hérité et qui empoisonne son mandat.

Une élection baromètre. L’élection à la présidence de la Confédération est un moment solennel de la politique suisse, une sorte de baromètre de l’action des conseillers fédéraux. Jamais dans l’Histoire du pays une Présidence n’a été refusée à un magistrat. Micheline Calmy-Rey, à qui les députés reprochaient sa gestion du dossier des otages libyens, avait failli chuter en 2011, élue de justesse avec 106 voix. Un camouflet qui sera sans doute épargné à Ignazio Cassis. Reste que le Tessinois s’est mis à dos une partie du parlement, sur lequel il n’a su prendre appui. La gauche lui reproche sa proximité avec l’UC et le centre fustige le flottement de la politique européenne. Même au gouvernement, ses relations avec sa collègue de parti Karine Keller-Sutter sont notoirement mauvaises.

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