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Vaccins: 6% des Suisses n'en auraient jamais entendu parler

Vaccination contre la grippe | Keystone

La fondation britannique Wellcome Trust a interrogé 140 000 personnes de plus de 140 pays sur leurs liens de confiance avec les sciences et la médecine. Un chapitre de ce monitoring est consacré aux vaccins. On y apprend que les Français sont champions d’Europe occidentale du scepticisme concernant leur sécurité, mais que les Suisses les talonnent de près.

Pourquoi c’est important. Comme de nombreux pays occidentaux, la Suisse fait face, depuis des mois, à une augmentation des cas de rougeole révélatrice de la défiance grandissante envers les vaccins. De janvier à début mai 2019, 166 cas ont été recensés dans la Confédération, soit presque 8 fois plus que l’année précédente, selon l’OFSP. Et deux personnes sont déjà décédées.

Ce que montrent les données. A l’échelle mondiale, la confiance dans les vaccins reste élevée: près de 80% des sondés jugent que la vaccination est sûre et 84% l’estiment efficace. Cependant, les données par pays mettent en évidence des tendances très différentes selon les régions du monde.

L’ancien bloc soviétique est celle où la médiane de confiance est la plus basse, mais avec un grand écart notable entre des Ukrainiens très peu convaincus par la vaccination et des Ouzbeks dont plus de 90% considèrent la vaccination comme sûre.


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La France arrive en queue de peloton pour l’Europe occidentale: un sondé sur trois n’est pas convaincu par la sécurité des vaccins. La Suisse fait certes mieux avec «seulement» 22% de sceptiques, mais le questionnaire révèle que 6% des personnes interrogées ont répondu «non» à la question «Avez-vous déjà entendu parler de vaccins avant ce questionnaire?». Un chiffre qui laisse pour le moins songeur…

Concernant l’efficacité des vaccins, 20% des Suisses interrogés ne pensent pas que les vaccins soient efficaces, et près d’un sur dix ne considèrent pas qu’ils soient «importants pour les enfants». Cependant, parmi les parents interrogés, seuls 5% déclarent ne pas avoir fait vacciner leurs enfants.

Pourquoi cette défiance. Le rapport n’apporte pas d’éléments d’explication directe sur cette crise de confiance vis-à-vis de la vaccination, relevée dans beaucoup de pays riches. Cependant, certaines des questions posées dans les autres chapitres de cette enquête peuvent apporter des éléments de réflexions.

Les Suisses interrogés se montrent plutôt bien formés dans le domaine des sciences, et curieux: ils sont 59% à vouloir en savoir plus. Un sur deux a d’ailleurs cherché des informations relatives aux sciences dans les 30 jours précédant l’enquête. Un chiffre qui monte à 64% pour des informations concernant la santé ou la médecine.

La confiance envers le système de soins est également très bonne en Suisse: 90% des sondés ont confiance dans les hôpitaux et 95% accordent leur confiance aux médecins et aux infirmières, qu’ils considèrent aussi majoritairement comme les personnes les mieux à même de les conseiller sur des décisions médicales.

C’est peut-être plutôt du côté des politiques que le bât blesse. Seuls un tiers des sondés déclarent avoir toute confiance dans le gouvernement et la moitié n’accorde qu’une confiance plutôt mitigée. Et surtout, 10% des Suisses interrogés disent ne pas avoir confiance dans les conseils de santé émanant du gouvernement.

Enfin, la religion semble elle aussi jouer un rôle dans les décisions médicales. Parmi les participants suisses à cette enquête, huit sur dix ont déclaré avoir une religion, et la moitié a indiqué des discordances entre ce que disent les sciences et les enseignements religieux. A la question, «Dans ce cas, faites-vous alors confiance à la religion ou la science?», 21% répondent «cela dépend», et 18% choisissent la religion.

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