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Tous les livres ne s’en sortiront pas: la crise change les habitudes de l’édition

(KEYSTONE/DPA/Sven Hoppe)

Il a fallu éviter une «bousculade». Entre la fermeture des librairies le 16 mars et leur réouverture deux mois plus tard, aucun livre n’est sorti. Des nouveautés attendaient pourtant les lecteurs, et, le 11 mai, les Editions Slatkine y sont allées franchement. «Notre stratégie a été de tout sortir ce jour-là, explique leur directeur Ivan Slatkine. Sept livres, c’était beaucoup, mais il n’y avait pas encore de nouveautés françaises, qui sont venues plus tard.» Michel Moret, des Editions de l’Aire, craint malgré tout que les nouveaux ouvrages ne «souffrent un peu, car tout le monde arrive en même temps, tout le monde joue des coudes».

Pourquoi on vous en parle ? La réouverture des librairies ne garantit pas un retour à la normale pour le monde de l’édition, lui aussi fortement impacté par la crise sanitaire mais exclu des aides cantonales et fédérales, comme le dénonçait récemment une cinquantaine d’éditeurs et de libraires dans une tribune. La vente de livres est compliquée, même si la situation aurait pu être bien pire. «Si le confinement s’était produit au moment d’une rentrée littéraire, il y aurait eu quelques faillites, car ce sont des périodes où les recettes mensuelles sont triplées», note Michel Moret. Ivan Slatkine acquiesce, et relève que ses clients ont acheté plus de livres que d’habitude après l’envoi de son catalogue, comme toujours en avril mais cette fois en pleine épidémie. «J’ai le sentiment que cette crise a fait du bien au livre, qu’il a repris l’importance qu’il avait un peu perdue dans le cœur des gens comme moyen de s’évader quand on est privé de tout.»

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