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TÉMOIGNAGE - A Kiev, il recrute des combattants étrangers pour le compte de l'extrême-droite

Vladyslav Kovalchuk à Kiev, de retour d'un voyage destiné à recruter des combattants polonais. | Photo personnelle

A 27 ans, Vladyslav Kovalchuk — «Vlad» — avait des projets. Passer sa ceinture bleue de jiujitsu brésilien, visiter le Mexique, faire une thèse en Pologne, lui qui a fait un master en études de sécurité à Lublin. Mais ce jeune Ukrainien, qui se présente comme un analyste politique et traducteur, a vu comme tant d’autres ses plans s’effriter sous les chenilles des chars russes.

Lorsque nous nous entretenons avec lui de Genève, le 16 mars 2022, Vlad est à Kiev depuis quatre jours. Il a quitté sa ville natale d’Ivano-Frankivsk, dans l’ouest du pays, pour rejoindre la résistance armée contre l’envahisseur. «Ma famille est restée dans l’ouest de l’Ukraine, mon père est militaire d’active et son unité est déployée là-bas.» Son frère et sa mère sont aussi dans l’armée.

«En 2014, j’étais étudiant et je ne pouvais pas abandonner mes études pour aller me battre dans le Donbass, mais je me suis porté volontaire pour apporter de l’aide à l’armée», explique le jeune homme, qui semble calme et déterminé. Cette fois-ci, la question ne s’est pas posée:

«Tous mes amis sont à Kiev. On m’a proposé quatre fois d’être évacué en Pologne, quatre fois j’ai refusé. J’aurais pu rester dans l’ouest du pays, où pour l’instant c’est très calme, mais je n’ai pas voulu.»

Il attend de pouvoir se procurer une arme légale pour se battre si les Russes envahissent la ville. Pour l’heure, les combats font rage dans la banlieue ouest de la capitale, à une vingtaine de kilomètres du centre-ville. «Au début, c’était très facile, mais les conditions pour l’obtention d’un permis de port d’arme se sont durcies», précise-t-il.

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Vladyslav Kovalchuk et trois autres membres de son groupe, après la réception de matériel militaire destiné au régiment Azov.

Mais la principale activité de Vladyslav est tout autre: le recrutement de combattants étrangers pour la bataille de Kiev.

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