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Sanctions contre la Russie: «Il faut se méfier du moralisme pur»

Grégoire Mallard est professeur au département de sociologie et d'anthropologie de l'IHEID, à Genève. | Courtoisie

Depuis le lundi 7 mars, Heidi.news invite à prendre de la hauteur par rapport à la guerre en Ukraine et son flot incessant d'informations. Pour cette «semaine des spécialistes», nous sommes partis à la recherche d’esprits aiguisés pour nous aider à mieux comprendre ce qui se joue là, sous nos yeux, à notre porte. Grégoire Mallard est professeur à l’IHEID (Genève) et spécialiste des sanctions internationales.

Heidi.news – Peut-on rappeler quelles sont les principales sanctions économiques prises à l’encontre la Russie par les Européens et les Suisses, par ordre d’importance?

Grégoire Mallard – Les sanctions qui ont un effet le plus immédiat sont les limites placées sur la banque centrale russe, qui gèlent ses avoirs détenus dans les banques étrangères (européennes, notamment) et l’empêchent de défendre sa monnaie en rachetant des roubles contre des euros, des dollars ou d’autres devises. Il faut rappeler que la Russie détient près de 630 milliards de dollars en devises étrangères. En coupant la banque centrale russe du système financier international, les Américains et les Européens entament la capacité de la Russie à créer de la monnaie et à la défendre. Cela alimente une bulle inflationniste, qui avait déjà commencé avant le Covid.

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