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Quel impact de la crise Covid-19 sur la criminalité en Suisse?

Keystone-ATS / Salvatore Di Nolfi

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La pandémie a-t-elle eu un impact net sur la criminalité en Suisse l’an dernier? Des premiers éléments de réponse seront donnés à partir de lundi, avec la publication par plusieurs cantons de leurs statistiques de criminalité 2020, dont Genève, Zurich, Neuchâtel ou le Jura.

Pourquoi c’est intéressant. L’évolution - ou non - de la criminalité dans le pays pourrait être une des clefs de lecture pour mieux appréhender dans leur globalité la crise et ses effets. Les chiffres qui seront présentés ne diront de loin pas tout, mais ils mettront en lumière des tendances comportementales qu’il s’agira par la suite d’étudier en profondeur.

Le crime a-t-il pu circuler comme avant dans cette Suisse semi-confinée, ou tout du moins à la liberté de mouvements fortement restreinte? A-t-il dû se trouver d’autres champs d’application? Qui ont été les victimes de ce contexte extraordinaire de 2020?

Quelques hypothèses. La population enjointe à rester le plus possible chez elle, les temps ont dû être durs pour les maraudeurs. Les statistiques des cambriolages à l’heure du règne des casaniers seront attendues avec intérêt.

Les chiffres des vols ou agressions dans l’espace public le seront tout autant. La présence parfois plus marquée des forces de l’ordre dans la rue a-t-elle été dissuasive?

Mais aucune statistique ne sera scrutée autant que celle des violences domestiques, dont on craint une explosion en ces circonstances particulières. Augmentation du nombre d’heures passées au domicile, télétravail, tensions dans les couples et/ou avec les enfants (notamment au printemps dernier, alors que les écoles étaient fermées), manque d’échappatoires, colère, lassitude et frustration: tout était réuni pour favoriser une hausse des cas.

Sentiment peu rationnel. En janvier dernier, Swissinfo publiait l’enquête «La criminalité dans l'un des pays les plus sûrs du monde», où l’on constatait que l’expérience personnelle n’avait que peu d’influence sur la perception de la criminalité. Le site d’information y présente une étude de 2018, menée par la Haute école zurichoise des sciences appliquées (ZHAW). En Suisse, dixième pays le plus sûr au monde selon l’Indice de paix globale, la population pensait à 61% que la criminalité avait augmenté, ce que réfutent largement les chiffres absolus et qui ne s’explique pas par le vécu des personnes interrogées puisque:

  • seuls 2,1% des sondés avaient subi des blessures physiques administrées par un autre individu durant les 12 mois précédents,

  • seuls 6% avaient été victimes d’un vol,

  • seul 0,4% avaient été la cible d’un vol à main armée.

Swissinfo liste alors d’autres facteurs agissant sur la perception de la criminalité, répertoriés dans l’étude de la ZHAW. «La consommation fréquente de chaînes de télévision privées augmente le sentiment d’insécurité, tandis que la lecture de quotidiens nationaux le réduit, conclut l’étude. De plus, l’orientation politique a son importance: ‘Plus les personnes interrogées se positionnent à droite, plus elles sont susceptibles de croire que la criminalité est un problème’, déclare Dirk Baier, directeur de l’enquête zurichoise.»

Ne reste plus qu’à comparer les ressentis, impressions et intuitions avec les chiffres de 2020.

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Enquête à lire sur Swissinfo

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