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Prostituées, start-upeur et réfugiés: au revoir mes voisins de Dakar!

A la Dakar Fashion Week (AP Photo/Finbarr O’Reilly)

Après plusieurs mois de correspondance pour la newsletter matinale de Heidi.news, je vous écris pour la dernière fois de Dakar car je pars aujourd’hui même m’installer à Bamako, au Mali. Une actualité sans doute plus dure m’attend là-bas, marquée par la terreur djihadiste. Mais c’est l’occasion de vous proposer une édition un peu spéciale, en forme de bilan de mon séjour sénégalais, comme Lionel l’a fait à Boston et Salomé à Tel-Aviv.

C’est un terrain de 300 mètres carrés piqué d’une poignée de cahutes en planches, tôle et chaume. Les enfants s’y poursuivent autour d’un foyer où l’on cuisine le thiep sénégalais et d’autres plats ouest-africains. Chèvres et poules divaguent à leur guise. Les femmes vendent des légumes et les hommes partent travailler en ville. En somme, une vie de village comme on en compte des millions en Afrique. Sauf qu’ici, la ville est juste de l’autre côté de la palissade et mon regard curieux à la fenêtre de l’immeuble moderne où j’ai vécu plus de deux ans n’a cessé d’observer ce petit monde rural reconstitué dans le sable du quartier de Ngor, à Dakar.

Des terrains vagues comme celui-ci, il en existe une dizaine aux alentours. En une année, il s’en est créé autant que d’immeubles embalconnés et de villas de luxe, attestant du double mouvement en cours dans les métropoles du continent: l’émergence d’une classe moyenne supérieure et la paupérisation d’une population rurale attirée par les villes, en un exode accéléré. Les centres urbains sont des entonnoirs, qui peinent à répondre à la demande immense d’accès aux services: eau potable, électricité et surtout l’internet, cet accélérateur de la quatrième révolution industrielle qui, jurent les économistes de Davos, pourrait offrir tant de possibilités aux Africains.

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