| Opinions

Ma rencontre avec Christophe Darbellay, président par tempêtes

Géraldine Savary

Toutes les deux semaines, Géraldine Savary contribue à Heidi.news au travers d’une rencontre afin de dessiner, article après article, une constellation de personnalités dont le tracé serait totalement subjectif, aléatoire et transparent.

Exilée en Valais pour des raisons indépendantes de ma volonté (il y a pire comme résidence forcée), j’en profite pour rencontrer Christophe Darbellay. Il est président de son canton, ministre en charge de l’économie, sur le front Covid, et nous avons partagé quelques années bernoises, jeunes loups inconscients, au début des années 2000. Je ne l’ai pas revu depuis son départ de Berne. Il a bousculé son agenda pour venir me voir. Il me dit «j’apporte la viande et le vin».

Il arrive de nuit, avec son chauffeur. Entre Saint-Luc et Chandolin, il se perd. Je pensais qu’en bon Valaisan, il connaîtrait tous les chemins des villages de son canton. Du Val d’Anniviers, lieu d’origine de son arrière-grand-mère, il a gravi la quasi-totalité des sommets. Je vais à sa rencontre, je ne vais pas laisser ce président errer désorienté dans l’obscurité. Le ciel est étoilé, l’air annonce l’hiver, j’aperçois la silhouette de Christophe Darbellay se détacher des ténèbres. J’avais oublié à quel point il était grand.

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Il n’a pas changé physiquement, il raconte toujours des histoires drôles et improbables dans lesquelles il ne se donne pas systématiquement le beau rôle, mais il y a désormais une gravité sur son visage qui n’existait pas dans ses jeunes années. Normal quand on aborde tout prochainement les cinquante ans, les revers de la vie finissent par laisser quelques sillons. L’insouciance des années parlementaires remonte tout de même à l’évocation des souvenirs. Il retrouve son sourire un peu crapule.

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