Les Etats-Unis s'offrent à nouveau une investiture digne de Hollywood

Quand le Capitole devient une forteresse | AP / Jacquelyn Martin

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Joe Biden sera ce mercredi 20 janvier le 46e président des Etats-Unis d’Amérique. Il sera confirmé dans ses fonctions au cours d’une cérémonie d’investiture organisée sur une poudrière, entre le chaos politico-administratif orchestré par son prédécesseur Donald Trump, le lancement d’une procédure de destitution contre celui-ci et le spectre flottant depuis la prise du Capitole par des émeutiers le 6 janvier.

Pourquoi c’est attendu. La planète aura les yeux rivés sur Washington, deux semaines après les images ahurissantes de l’envahissement du Congrès par, pour l’essentiel, des «trumpistes» en colère prétendant, comme Donald Trump et malgré l’absence de preuve, que l’élection présidentielle a été entachée d’irrégularités. Le dispositif de sécurité a évidemment été renforcé, la capitale ayant des allures de camp retranché. Tandis que, parallèlement, des experts se penchent sur les invraisemblables dysfonctionnements qui ont rendu possible l’intrusion d’émeutiers dans le symbole-même de la démocratie américaine. Que se passera-t-il dans les rues de DC mercredi? Et dans le reste du pays?

La prestation de serment de Joe Biden doit être l’acte fondateur d’une paix retrouvée, qui ne suffira toutefois pas à elle seule à apaiser les ardeurs ni à renouer le dialogue entre des camps de plus en plus virulents l’un envers l’autre. Il ne faudrait en revanche pas sous-estimer l’importance que jouera ce type de symboles dans la repacification de la société.

Un absent de marque. Donald Trump a érigé en marque de fabrique son peu de souci des usages. Ainsi le président sortant a-t-il annoncé qu’il n’assisterait pas à l’investiture de son adversaire, qu’il accuse toujours d’avoir volé l’élection. Il quittera Washington mercredi matin pour aller se mettre au vert dans sa résidence de Mar-a-Lago, en Floride.

Une investiture particulière? Après quatre ans d’une présidence hors normes et au sortir d’une élection d’une violence rare, la tentation de qualifier l’investiture de Joe Biden de «particulière» dans l’histoire est grande. Mais l’est-elle à ce point? Les Etats-Unis n’ont-ils finalement pas tendance à transformer ce genre de moments en de véritables scènes hollywoodiennes?

Le passé très récent nous renseigne. Il faut se souvenir que la prestation de serment de Donald Trump était, elle aussi, un événement scruté par la Terre entière, tant l’improbable victoire de novembre 2016 avait stupéfait. Il faut se rappeler aussi de l’investiture de Barack Obama en 2009, celle du premier président à la peau noire de l’histoire US. Le show, composante incontournable de la vie politique américaine. Ce mercredi 20 janvier 2021 ne fera pas exception à la règle.