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Raphaël Arlettaz: «Le déclin de la biodiversité effleure à peine les consciences»

Prairie au-dessus de Champex en Valais | Biodiversity Heritage Library, CC

Le rapport mondial de l’Intergovernmental Science-Policy Platform on Biodiversity and Ecosystem Services (IPBES), le «GIEC de la biodiversité», discuté ces jours à Paris, sera dévoilé lundi 6 mai 2019. Il dressera un tableau noir sur l’état de la planète et pointera notamment l’extinction massive des espèces animales et végétales, liée aux activités humaines. Le problème demeure encore largement méconnu du public, et peu pris en compte par les pouvoirs publics.

L’analyse de l’expert. Raphaël Arlettaz, professeur de biologie de la conservation à l’Université de Berne, a participé à sa rédaction, et le commente pour Heidi.news.

Un phénomène difficile à appréhender à l’échelle individuelle

«Contrairement au changement climatique, qui est désormais perceptible à travers des étés plus chauds ou la fréquence accrue des événements météorologiques extrêmes, les gens ne réalisent pas encore l’ampleur de la perte de biodiversité. Tout juste peut-on se rendre compte qu’il y a beaucoup moins d’insectes écrasés sur les pare-brises qu’il y a 15 ans. Et pour cause, 70% de leurs populations ont désormais disparu d’Europe centrale.»

Un problème plus complexe que le climat

«Le réchauffement climatique peut se résumer, en termes physico-chimiques, à la surabondance de deux molécules, le dioxyde de carbone (CO2) et le méthane. Alors que la biodiversité est infiniment plus complexe, jouant à de multiples échelles: de la diversité génétique aux écosystèmes, en passant par les populations, les espèces, et les communautés écologiques... »

Le rôle central des habitats naturels

«Le problème de l’adaptation de la biodiversité au changement climatique est exacerbé par la situation dramatique des habitats naturels qui sont détruits ou altérés partout. Plus les écosystèmes sont détériorés et fragmentés, et plus la capacité de résilience de la biodiversité s’amenuise. En admettant que seul le climat serait en train de changer, les écosystèmes pourraient encore garder une certaine résilience. Tandis que si les écosystèmes disparaissent, c’est de façon définitive.»

L’urgence du combat

«La prise de conscience de l’urgence climatique par la société civile a déjà pris 30 ans. Tandis que le déclin tous azimuts de la biodiversité, aux conséquences encore plus désastreuses que la destruction du climat, effleure à peine les consciences»

L’importance du savoir indigène. Les enjeux liés à la biodiversité ne sont pas les mêmes en Europe centrale ou en Amérique du Nord rappelle le chercheur, évoquant, sur la question de l’agriculture, la notion de «paysage culturel» chère à l’Eurasie.

«En Europe, on a profondément modifié de paysage depuis des millénaires, surtout par la déforestation pour libérer des terres agricoles, ce qui a permis à des espèces nouvelles de coloniser nos régions. ll y a derrière ce long processus, un savoir indigène ancestral colossal qu’il convient d’intégrer aux solutions de gestion.»

Des leviers d’action concrets. Bonne nouvelle, ils existent!

«Il est possible d’agir pour le climat et l’environnement, à l’échelle locale, par exemple en changeant son régime alimentaire ou en aménageant les espaces verts (son jardin, son balcon) pour y favoriser la biodiversité, ce qui va certainement à contre-courant de la mentalité propre et en ordre qui règne en Suisse...»

Une solution forcément politique. L’enjeu du processus de concertation autour de ce texte doit mettre d’accord scientifiques et représentants politiques des États afin d’agir au plus vite.

«Le processus de concertation (de l’IPBES), très intégré, incorpore les politiques dès le départ dans la réflexion. D’un point de vue psychologique, cela change la donne: faire partie du processus c’est se sentir pris au sérieux, ce qui induit une meilleure implication.»

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L'Unesco se préoccupe du genre des IA dans nos assistants vocaux

Une femme interagit avec un robot lors d'une exposition à Londres, en mai 2019 (image d'illustration) | FRANK AUGSTEIN/AP/KEYSTONE

Sexistes, nos assistants vocaux? Oui, selon un rapport de l’Unesco (EN), qui s’émeut du genre de nos compagnons dotés d’intelligence artificielle (IA): Siri (iPhone), Alexa (Amazon Echo), Cortana (Microsoft) ou même Google Home ont tout(e)s un timbre féminin, ce qui renforce les stéréotypes de genre, déplore l’Organisation des Nations-Unies.

Pourquoi c’est important. Le genre des assistants vocaux influence les scénarios de dialogue écrits par les ingénieurs. Comme le titre le rapport, jusqu’à peu, Siri répondait «Je rougirais si je le pouvais (I blush if I could)» quand l’utilisateur l’injuriait par un «Siri, tu es une pute (Siri you’re a bitch)». De quoi véhiculer une certaine image de la femme…

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Grâce à l'IA, les œuvres d'art prennent vie

Des chercheurs moscovites du Samsung’s AI Center animent des portraits grâce à l’intelligence artificielle, sans recours à la 3D. Ils ont notamment testé leur système sur des œuvres d’art, comme la célébrissime Mona Lisa. Leurs travaux, qui n’ont pas encore été publiés dans une revue scientifique, sont disponibles en ligne sur arXiv (EN).

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Relire l'article de Heidi.news sur les prouesses de ce type d'algorithme ou lire l'explication sur Cnet (EN)

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Le labo américain: collaboration militaire, IA et cancer du poumon, Big Data et diabète

Le célèbre Massachussets Institue of Technology de Boston | KEYSTONE / AP RAYMOND HUFFMAN

Chaque semaine, notre correspondant à Boston Lionel Pousaz décrypte les dernières actualités scientifiques et techniques aux États-Unis.

Le MIT de Boston et l’US Air Force annoncent une collaboration. L’armée américaine investira 15 millions de dollars par année pour développer des projets d’intelligence artificielle au sein du futur MIT-Air Force AI Accelerator. Cet accord fait polémique. L’Institut de recherche assure que les projets ne seront pas classés secrets et resteront intégralement ouverts à la publication. Tech Crunch (EN)

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Sauver la planète de la crise climatique en volant moins: la grande prise de conscience des universités romandes

Un avion de la compagnie Swiss à l'aéroport de Zurich (Image d'illustration) | CHRISTIAN BEUTLER/KEYSTONE

De nombreux scientifiques prennent l’avion plusieurs fois par an pour présenter leurs recherches dans des conférences. Mais, urgence climatique oblige, ce qui était longtemps une évidence fait désormais débat. Un symposium organisé par l’Académie suisse des sciences est consacré à ce sujet brûlant ce vendredi à Berne.

Ce qui est en train de changer. Depuis quelques mois, la thématique prend de l’ampleur dans le milieu académique suisse. Quelle est la part du transport aérien dans le bilan carbone des universités? Qui en est à l’origine? Et que faire pour le réduire? Les hautes écoles romandes analysent leurs habitudes et prennent des mesures.

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SpaceX a placé en orbite, d'un coup, les 60 satellites de Starlink pour l'internet spatial

La nuit passée, une fusée Falcon 9 de SpaceX a déployé dans l’espace pas moins de soixante satellites de télécommunications. La firme d’Elon Musk ambitionne d’en lancer à terme près de 12’000 en orbite basse, au sein de sa constellation Starlink, un service d’accès à internet qui sera accessible depuis n’importe quel point du globe.

Pourquoi c’est important. L’accès à internet — et la téléphonie— par satellite sont vus comme le nouvel eldorado par les industriels. Selon nos calculs, ce sont 15 000 à 25 000 satellites qui pourraient être lancés d’ici cinq à dix ans si tous les projets sont menés à leur terme. Une profusion qui pourrait créer de sérieux embouteillages dans l’espace et multipliera les risques de collisions.

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Relire l'article détaillé de Denis Delbecq écrit à la veille de ce lancement

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Au programme de votre Flux Sciences ce vendredi

Bonjour à toutes et tous, et bienvenue pour cette dernière journée d’infos scientifiques de la semaine sur Heidi.news. Je vous accompagne aujourd’hui, et me ferai un plaisir de les sélectionner pour vous. Mais n’hésitez pas à réagir, poser vos questions, faire vos remarques, en nous écrivant: sciences@heidi.news).

Au programme aujourd’hui:

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La pompe secrète des bactéries pour devenir résistantes aux antibiotiques

Cette souche de staphylocoque doré résistant a été magnifiée 50'000 fois | CDC, Matthew J. Arduino

Des chercheurs de l’Institut de biologie et chimie des protéines, à Lyon, ont découvert comment la résistance aux antibiotiques peut se disséminer entre bactéries. Publié dans Science, ce résultat révèle le rôle crucial d’une protéine bactérienne, une «pompe» qui expulse les composés toxiques, dont les antibiotiques, et permet ainsi à la cellule de gagner du temps pour mettre en œuvre des protections plus spécifiques.

Pourquoi c’est intéressant. Les antibiotiques constituent une classe de médicaments très importante, principal rempart de la médecine contre les infections bactériennes. Mais de plus en plus de microbes résistent à ce genre de traitements. Ces travaux pourraient aider à enrayer la propagation des résistances aux antibiotiques, l’une des plus graves menaces pesant sur la santé mondiale selon l’OMS.

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L'urgence des maladies non transmissibles ne fait pas réagir les gouvernements

Ouverture de la 72e Assemblée mondiale de la santé, Genève | Keystone

Première cause de mortalité dans le monde, les maladies non-transmissibles ne suscitent que peu de mobilisation, en terme de prévention et de lutte, de la part des gouvernements. En marge de la 72e Assemblée mondiale de la santé, qui s’est ouverte lundi à l’OMS à Genève, s’est tenue une réunion de suivi de la feuille de route établie par l’ONU pour contrer ce fléau. Mais une fois de plus, les avancées sont minimes, déplorent les ONG.

Pourquoi c’est regrettable. Souvent considérées comme des maladies des sociétés occidentales, ces pathologies chroniques sont désormais un fardeau sanitaires également pour les pays du Sud, quel que soit leur niveau de revenus. Elles sont responsables de trois morts sur cinq dans le monde, rappelle l’OMS.

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Pourquoi la Nasa ne posera pas le pied sur la Lune en 2024, comme rêvé par Donald Trump

Artemis, le nom donné la nouvelle mission lunaire habitée de la Nasa | Nasa

Le président américain a annoncé récemment vouloir voir les Etats-Unis retourner sur la Lune d’ici 2024, soit quatre an plus tôt que la date prévue initialement de 2028. Le New York Times revient sur cette annonce, et décrypte en plusieurs arguments pourquoi cet agenda est irréaliste.

Premier élément troublant: Donald Trump n’aurait jamais parlé directement en détails de cette ambition avec Jim Bridenstine, l’actuel administrateur de l’Agence spatiale américaine (Nasa). Voici les autres cailloux dans la chaussure du Président américain:

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L'expédition Under The Pole a détecté les coraux mésophotiques les plus profonds du monde

Une équipe de plongeurs d'Under The Pole prend une photo-quadrat par 120 m de profondeur | GHISLAIN BARDOUT / UNDER THE POLE / ZEPPELIN NETWORK

Record battu! L’expédition scientifique Under The Pole III, qui explore les fonds marins par la plongée, a découvert il y a quelques semaines le corail le plus profond au monde, trouvé à -172 mètres. Heidi.news s’est entretenu avec l’explorateur français Ghislain Bardout, principal instigateur de la mission.

Pourquoi c’est important. En surface, les récifs coralliens encaissent de plein fouet le choc climatique. Ils occupent moins de 1% de la surface de la planète, mais abritent plus de 25% de la vie marine. Les chercheurs espèrent que les moyennes profondeurs puissent leur offrir un refuge, ce qui permettrait de recoloniser à terme les récifs de surface. On parle alors de coraux mésophotiques (que l’on trouve normalement entre 30 et 150 mètres de fond)

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Quarante-six balles de tennis empilées, qui dit mieux?

Pour étudier le phénomène de friction, un physicien géorgien construit des tours avec des balles de tennis. Son record est aujourd’hui un édifice de six niveaux, avec 46 balles.

Pourquoi c’est étonnant. Certaines figures réalisées par Andria Rogava, professeur d’astrophysique à l’Ilia State university de Tbilissi (Géorgie) semblent défier les lois de la pesanteur. C’est la friction entre ces objets rugueux qui permet de réaliser des empilements étonnants.

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La téléphonie 5G pourrait dégrader la qualité des prévisions météorologiques

Carte mondiale de la vapeur d'eau | NOAA

La future téléphonie 5G, n’en finit pas de faire couler de l’encre. Contestée dans de nombreux pays pour sa dangerosité supposée, cette norme inquiète aussi les météorologues. Aux Etats-Unis par exemple, certaines fréquences utilisées risquent de perturber les observations par satellite et de dégrader les prévisions météo.

Pourquoi c’est important. La météorologie s’appuie sur des modèles qui sont nourris, en temps réel par des observations, notamment par satellite. Depuis l’espace, certaines fréquences de signaux radio permettent de mesurer la quantité de vapeur d’eau dans l’atmosphère. Si des sources terrestres venaient émettre dans ces fréquences, les mesures seraient perturbées, conduisant à des erreurs de prévision.

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La Russie ratifie une loi sur l'internet souverain pour s'isoler du reste du monde

Manifestations contre la loi sur l'internet souverain en mars 2019 à Moscou | MAXIM SHIPENKOV/EPA/KEYSTONE

C’est acté: Vladimir Poutine a ratifié début mai 2019, le texte de loi déposé par trois parlementaires proches des services de sécurité, visant à isoler la Russie et son "Runet" (l’internet russe) du reste du web mondial.

Pourquoi c’est problématique. S’isoler entièrement de l’Internet mondial serait une façon de contrôler encore davantage le trafic, et donc ce que font les Russes devant leur ordinateur ou leur smartphone. De nombreuses voix se sont élevées pour critiquer le dispositif: en mars dernier, plus de 5 000 personnes ont défilé à Moscou en protestation.