| Idées

Covid-19 (re)place l'Etat au centre du jeu

Marc Guéniat

«Illusoire de penser que nous pourrons faire beaucoup de changements d'ici au 20 avril». C’est ainsi qu’Alain Berset a signifié que les autorités fédérales ne céderaient pas aux injonctions des milieux économiques, qui réclament une reprise progressive de l’activité. Personne ne peut dire, à ce stade, si le Conseil fédéral a tort ou raison d’écarter cette option (lire à ce sujet notre éditorial du 4 avril).

Mais le propos dévoile une attitude peu commune en Suisse. Qui eût imaginé, ne serait-ce qu’il y a un mois en arrière, un ministre de la santé balayer de la sorte une demande ferme émanant des principales associations patronales du pays? Et qui, entre Genève et Zurich, eût conçu que la plus puissante d’entre elles, economiesuisse, chantre de l’orthodoxie budgétaire, enjoigne la Confédération à «s’endetter davantage»?

Voir à ce sujet notre «pocket lecture» de l’économiste Cédric Tille: La Suisse a les moyens d’absorber le choc.

En quelques semaines, la façon dont l’État est perçu a radicalement changé. Et pas qu’en Suisse. Il n’est plus ce monstre bureaucratique, inefficace et avide d’impôts, dont l’essentiel des tâches pourraient être accomplies par le secteur privé. Soudain, il devient incontestable que le prix de la réduction des dépenses publiques, notamment dans le domaine de la santé, se nomme vulnérabilité.

Cet article est réservé aux abonnés.

S'abonner

Déjà abonné(e) ? Connectez-vous

Lire aussi