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La sonde chinoise Chang’e-4 aurait découvert des éléments du manteau lunaire

Pleine lune, vue depuis Zurich | Alessandro della Bella / KEYSTONE

Le rover Yutu-2, déposé sur la face cachée de la Lune par la sonde chinoise Chang’e-4, a livré ses premières observations. Il a découvert, en surface, des roches qui pourraient provenir des profondeurs de l’astre.

Pourquoi c’est prometteur. La composition géologique de la Lune demeure encore mystérieuse, faute de pouvoir forer ses entrailles. Ici, les chercheurs de l’académie chinoise des sciences ont eu l’idée —audacieuse— d’étudier les plus grands cratères, suffisamment grands pour que l’impact d’astéroïdes passés ait pu exhumer à la surface des morceaux du manteau lunaire.

D’où proviennent les roches analysées? Le rover s’est intéressé au cratère de Von Kármán, qui se situe dans le base bassin Pôle Sud-Aitken. C’est le plus grand bassin d’impact lunaire, qui mesure 2500 km de large pour 13km de profondeur.


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Localisation des échantillons étudiés par Chang'e-4 | P.Pinet/Nature

Ce qui a été observé. Le rover embarque un spectromètre, un appareil qui analyse la manière dont le sol lunaire réfléchit les différentes couleurs de lumière, ce qu’on appelle une signature spectrale. Les observations montrent qu’elle ressemble à celle de l’olivine et du pyroxène. Deux minéraux dont les modèles géologiques suggèrent qu’ils entrent dans la composition du manteau supérieur de la Lune.

Pourquoi cela reste à confirmer. Les signatures spectrales observées ne sont pas assez nettes pour écarter d’autres hypothèses. Celle de l’olivine, par exemple, est proche d’un verre volcanique qui a déjà été observé, par satellite, dans cette région. L’idéal serait donc de pouvoir ramener des échantillons sur Terre.

Patrick Pinet, de l’Institut de recherche en astrophysique et planétologie (IRAP/CNRS/CNES) de Toulouse dans un commentaire publié dans la revue Nature (EN):

«La détection réalisée est très fiable. Mais déterminer précisément la composition de ces roches en minéraux est complexe, car leurs profils spectraux peuvent se superposer. Des travaux supplémentaires seront utiles, d’une part pour mieux modéliser les grains minéraux du sol, mais aussi pour étudier au spectromètre non plus seulement des échantillons de poussière, mais également de roche.»

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Lire la publication dans la revue Nature

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