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Le déclin d'un des plus grands glaciers du Groenland s'est inversé... pour l'instant

Le glacier de Jakobshavn (Groenland) en 2016 | AP/NASA

Dans les années 2000, le glacier groenlandais de Jakobshavn était considéré comme celui qui déclinait le plus rapidement en Arctique, perdant 10 m d’altitude par an. De nouvelles observations satellitaires montrent qu’il a regagné en épaisseur. Ces résultats ont été dévoilés au Living planet symposium organisé par l’ESA à Milan, auquel assiste Heidi.news.

Pourquoi ce n’est pas si surprenant. Ces résultats, obtenus par une équipe de l’université de Leeds, confirment une précédente étude de la Nasa publiée en mars 2019 dans Nature Geoscience (EN). Des mesures de température réalisées par bateau et par avion suggéraient déjà que glacier regagnait du terrain.

Cette langue de glace, classée au patrimoine de l’UNESCO, est mythique à plusieurs égards: c’est un grand producteur d’icebergs, qui pourrait avoir engendré le monstre ayant eu raison du Titanic.

Les faits. Entre 2013 et 2017, le glacier s’est de nouveau épaissi, et son extrémité, qui reculait vers les terres, avance de nouveau vers les eaux. C’est ce que montre l’altimètre du satellite européen Cryosat-2.


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Changements annuels dans l'altitude du glacier: comparaison entre 2014 et 2018 | CPOM–A. E. Hogg

Est-ce bonne nouvelle? Pas forcément: la variabilité naturelle de la circulation météorologique et océanique pourrait être en cause, selon un phénomène appelé oscillation nord-Atlantique (FR). Si c’est le cas, le regain serait temporaire.

Citée dans un communiqué de l’ESA (EN), Anna Hogg, chercheuse au Centre pour l’observation polaire et la modélisation de l’université de Leeds, se veut prudente:

«La question à laquelle nous devons désormais répondre, c’est de savoir si ce répit est durable ou momentané. Davantage d’études et d’observations satellitaires sont requises.»

Mark Drinkwater, scientifique pour la mission CryoSat de l’ESA, est du même avis.

«L’équilibre de la cryosphère— tout ce qui est à l’état d’eau solide sur Terre— est délicat, avec une grande variabilité saisonnière, et d’une année à l’autre. Cela peut facilement occulter des tendances de plus long terme.»

La situation plus générale. Elle n’est guère reluisante. La région continue de perdre globalement beaucoup plus de glace qu’elle n’en gagne.

Josh Willis, principal instigateur de la mission Oceans Melting Greenland de la Nasa, résumait en mars dernier la situation (EN):

«Le glacier de Jakobshavn a obtenu un répit temporaire. Mais sur le long terme, les océans continuent de se réchauffer, ce qui aura des conséquences très négatives sur la calotte glaciaire du Groenland.»

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