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L'horloge biologique est aussi une affaire d'hommes

Photo d'illustration | Keystone

Des chercheurs américains ont compilé les données issues de la littérature scientifique sur la fertilité masculine. Leur constat est sans appel: pour devenir père, mieux vaut ne pas tarder. Avec l’âge le risque d’infertilité augmente, tout comme celui de complications au cours de la grossesse et de pathologies pour l’enfant à naître.

Pourquoi c’est important. La proportion d’enfants nés de pères âgés de plus de 45 ans est en constante augmentation. Elle a atteint les 10% aux Etats-Unis. Or l’idée que la fertilité des hommes est stable tout au cours de la vie est encore très largement répandue. Les informations à destination du grand public sur l’impact de l’âge sur la reproduction ciblent encore majoritairement les femmes. Mais elles ne sont pas les seules à devoir prendre en compte la fameuse “horloge biologique”!

Quels sont les risques. Les auteurs de cette courte revue, publiée dans Maturitas, ont mis en évidence trois types de risques liés au vieillissement:

  • pour les hommes. «De la même manière que les gens perdent de la masse musculaire, de la force ou de l’endurance avec l’âge, chez les hommes le sperme a aussi tendance a être “moins en forme” au fil des années», résume Gloria Bachmann, co-auteure de cette revue et directrice du Women’s Institute de la Rutgers University (Etats-Unis). En conséquence, avec les années la fertilité diminue et procréer peut être plus difficile. Des problèmes de fertilité qui peuvent se produire «même si leur compagne a moins de 25 ans», relèvent les auteurs…

  • pour les femmes. Envisager d’avoir un enfant avec un homme de plus de 45 ans n’est pas sans risque pour la future mère. Les données indiquent en effet que le risque de complications de la grossesse (prééclampsie, diabète gestationnel, fausse-couches tardives…) augmente avec l’âge du père.

  • pour l’enfant à naître. La littérature montre que l’âge du père peut avoir une influence sur la probabilité de naître prématurément, de souffrir d’une malformation, d’avoir un poids de naissance trop faible. Mais les conséquences peuvent aussi être plus tardives. Le risque de développer certains cancers pédiatriques, ou des troubles psychiatriques (autisme et schizophrénie notamment) augmente avec l’âge du père lors de la conception.

Que doivent faire les futurs pères. Les auteurs déplorent que les hommes n’abordent encore que trop rarement la question de la fertilité avec leur médecin. «La plupart des hommes ne consultent que lorsqu’ils sont face à un problème médical ou de fertilité», note Gloria Bachmann. Or c’est en amont qu’il faut agir.

Les auteurs n’hésitent pas à conseiller aux hommes qui envisagerait une paternité retardée de recourir à une banque de sperme afin de conserver leurs gamètes tant que leur qualité est encore optimale.

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