Princess Sibaya est la prof principale de cette école de KwaMashu, près de Durban. Cette école a reçu des toilettes EcoSan, cadeau de la Fondation Gates. Photo: Gates Archives / Samantha Reinders
La révolution des toilettes | épisode № 18

L’Afrique du Sud, laboratoire vivant des toilettes de demain

Où l’on saisit l’invraisemblable cocktail politique, économique et climatique qui a fait de l’université du KwaZulu-Natal, à Durban, la Silicon Valley de l’assainissement. Ici, on veut bannir les chasses d’eau et installer les nouvelles générations de toilettes partout, des bidonvilles jusque dans la résidence de Bill Gates.

Il m’arrache des mains le gros cahier d’écolier américain où je prends mes notes – celui avec la couverture marbrée. Il choisit une page blanche et dessine un graphique, très vite, avale la moitié des mots perdus dans son accent sud-africain. En ordonnées, il indique l’impact environnemental. En abscisses, le revenu des foyers. Et il divise le tout en trois zones, sur lesquelles la courbe monte puis s’effondre. «L’idée est que les plus pauvres ne passent pas toutes les étapes du développement et que les toilettes qu’on leur fournit ne polluent pratiquement plus. Voilà mon job.»

Chris Buckley m’a donné rendez-vous au petit-déjeuner dans un grand hôtel de Pékin. Je le reconnais à sa barbe blanche, au badge et au sac de tissu de la Reinvented Toilet Expo dont il ne se sépare jamais. Il porte des chaussures de montagne, une chemise à carreau et une veste polaire de randonneur du dimanche. Les gens qu’il croise dans ce périmètre où les toilettes sont reines demandent systématiquement de prendre une photo avec lui.

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