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Intelligence artificielle, du jeu à l'enjeu de société

Sarah Sermondadaz

Les Applied Machine Learning Days viennent de commencer. Jusqu’au 29 janvier, pas moins de 29 parcours de conférences et 31 ateliers réuniront le gratin mondial de l’intelligence artificielle. A cette occasion, notre rédaction se délocalise à Ecublens jusqu’à mercredi.

Longtemps, l'intelligence artificielle a été pour moi une expression ambivalente, une sorte d'animal mythique – disons de dahu – à cheval entre les merveilles de la science-fiction (ou ses frissons – souvenez-vous de HAL9000 dans l'Odyssée de l'espace...) et la prosaïque ingénierie logicielle d'un programme codé par l'humain pour réagir d'une façon ou d'une autre. Je me souviens des années 1990, où le mot était souvent utilisé pour représenter le comportement d'une machine jouant contre vous, pourtant pas bien maligne, à un jeu vidéo.

Aujourd'hui, l'IA n'a plus rien d'un jeu. C'est même devenu un enjeu de société, d'une façon très différente de ce que l'on imaginait il y a 30 ou 50 ans. Exit l'ordinateur fou qui cherche délibérément à vous tuer dans une station spatiale: les algorithmes d'apprentissage machine (machine learning), un des éléments de ce qu'on appelle aujourd'hui IA, n'ont aucune conscience de ce qu'ils font, et encore moins d'intentionnalité. Ce sont de purs instruments techniques qui font ce pourquoi ils ont été programmés. Ce qui a changé, c'est que plutôt que de suivre des règles de fonctionnement explicites, celles-ci deviennent implicites: pour connaître la consigne à suivre, la machine va apprendre d'elle-même la règle à partir d'un grand nombre d'exemples.

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Entre Davos et Bruxelles, la Suisse face aux fracas du monde

Darius Farman

Darius Farman est actif au foraus depuis 2016 et actuellement responsable du programme de recherche Europe. Avec Fréderic Maurer et Cenni Najy, il vient d'y publier deux propositions pour sortir le projet d’accord institutionnel Suisse-UE de l’impasse.

A peine entamé, le cru 2020 du WEF illustre déjà les soubresauts de la politique internationale. L’allocution de Donald Trump, quasi exclusivement tournée vers ses concitoyens étatsuniens, symbolise de manière éclatante le virage unilatéral amorcé par la première puissance mondiale. Côté suisse, la rencontre entre Simonetta Sommaruga et Ursula von der Leyen confirme que l’UE n’infléchira globalement pas sa position sur l’accord institutionnel.

Dans les deux cas, le même renforcement marqué de la logique de blocs. Dans les deux cas, une difficulté plus ou moins élevée à modifier leur trajectoire. C’est dans ce contexte que les propositions du foraus, fraîchement publiées, doivent être lues.

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Comment se construit la pensée thérapeutique d'un psy radical?

Elsa Fayner

Tout a commencé il y a quelques années par un message téléphonique: «Seriez-vous disponible pour accompagner un psychanalyste renommé dans l’écriture d’un livre?» La proposition venait d’une autre psy que j’interviewais de temps en temps, étant journaliste spécialisée dans le domaine de la santé. J’avais confiance en ses analyses. Mais je me méfiais: il m’est arrivé de travailler avec des médecins aux egos surdimensionnés et aux propos décevants. Là, ce serait facile, m’assurait-on: «Il parle comme il écrit. Il n’y aura qu’à retranscrire.» Hum. A voir. «C’est le plus grand d’entre nous», avait ajouté la voix au bout du fil. Venant de cette psy-là, peu portée sur la dithyrambe, la formule avait éveillé ma curiosité.

Le projet en question ne s’est finalement pas fait et Robert Neuburger n’a pas eu besoin de moi. Le problème, c’est que je me suis mise à lire tous ses livres, à les offrir à mes amies qui ont eu des difficultés avec leurs enfants, dans leur couple ou avec leurs parents, et à le citer à tout bout de champ.

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L'actualité vue par l'épidémiologiste numérique Marcel Salathé

Marcel Salathé

Nous préparons les Applied Machine Learning Days de fin janvier à l’EPFL pour y entendre, entre autres, le lanceur d’alerte Edward Snowden. Mais aujourd'hui, je suis ravi d’échanger mon rôle de professeur avec celui de rédacteur en chef invité de la newsletter matinale d’Heidi.news!

Beaucoup des histoires que je vous présente ici sont ancrées dans la science. De l’intelligence artificielle à l’édition de gènes, des pandémies potentielles aux crashs aériens, des «deep fakes» au travail à distance, la technologie transforme le monde de plus en plus vite. Les plus grandes questions auxquelles nous devons faire face ne portent cependant pas sur les technologies elles-mêmes mais sur l’utilisation responsable que nous en faisons.

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Sucre, vignoble, tabac: arrêtons ces subventions à une vie malsaine!

Jérôme  Cosandey

Jérôme Cosandey est directeur romand responsable de recherche en politique sociale chez Avenir Suisse. Dans cette réflexion, il se penche sur les facteurs qui augmentent le risque de développer une maladie chronique, tels que la consommation d’alcool, de tabac, de sucre ou de matières grasses. Plutôt que d’introduire des taxes pour enrayer la demande de ces produits, il serait plus cohérent de réduire les millions de francs de subventions octroyés au complexe agro-industriel pour les produire.

Le cancer, le diabète, les maladies cardiovasculaires et les affections chroniques des voies respiratoires sont les principales causes de décès en Suisse. Selon un rapport de l’Office fédéral de la santé publique, ces maladies non transmissibles sont responsables de décès prématurés (c’est-à-dire avant l’âge de 70 ans) chez plus de 50% des hommes et 60% des femmes.

Pourquoi c’est important. Le risque de développer une de ces maladies chroniques dépend fortement de quatre facteurs liés à notre mode de vie: consommation de tabac, consommation excessive d’alcool, alimentation déséquilibrée et manque d’activité physique. En Suisse, une étude démontre que la combinaison de ces quatre facteurs est comparable à une différence d’âge de dix ans. Ainsi, une personne âgée de 65 ans qui a un mode de vie déséquilibré a les mêmes chances de survie pendant les dix prochaines années qu’une personne de 75 ans au mode de vie sain.

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Seule la fiction peut sauver l'Iran

Serge Michel

«Le nombre de spécialistes de l’Iran a augmenté de 3894% ces derniers jours», titrait récemment un site satirique belge.

Hossein Derakhshan, lui, ne fait pas partie des nouveaux spécialistes autoproclamés d’un pays qui pourrait être un jour l’épicentre d’un conflit aux répercussions mondiales. Il le connaît de l’intérieur, jusqu’à la prison d’Evin où il a fait un séjour de 6 ans, de 2008 à 2014, alors que sa condamnation était de 19 ans pour coopération avec des pays ennemis, propagande contre l'establishment au pouvoir, promotion de groupes contre-révolutionnaires et insulte à la pensée islamique et aux personnalités religieuses».

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Pourquoi je demande au Conseil fédéral d'interdire trois substances dangereuses dans les cosmétiques

Sophie Michaud Gigon

Sophie Michaud Gigon est Secrétaire générale de la Fédération romande des consommateurs (FRC) et conseillère nationale (Parti écologiste suisse). Après le lancement de l'application FRC Cosmétiques, l'organisation demande aujourd'hui l'interdiction de trois substances problématiques présentes dans les cosmétiques.

Cela fait plusieurs années que la FRC sensibilise les consommateurs à la présence d’ingrédients douteux dans les produits cosmétiques. C’est même devenu un enjeu prioritaire pour nous en 2019.

L’app’. Le lancement de l’application FRC Cosmétiques au printemps 2019 permettant, en un simple scan de code-barres, d’identifier la présence éventuelle de substances à risque dans 170’000 cosmétiques est un succès: 64’000 personnes l’ont téléchargée à ce jour. Son principal atout? Elle ne se contente pas de pointer du doigt les produits à bannir de la salle de bain, mais elle met également en évidence les alternatives positives. Une manière d’orienter le consommateur pour lui éviter de s’enduire la peau de perturbateurs endocriniens ou de substances cancérogènes. Une manière également de faire pression sur l’industrie: lorsqu’un produit se vend moins, il s’agit de le changer.

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Pourquoi «Le Consentement» de Vanessa Springora me réjouit autant qu’il me peine

Annick Chevillot

«Le Consentement» de Vanessa Springora est à la source de l'affaire Gabriel Matzneff, qui a secoué la scène littéraire française pendant les fêtes. Dans son récit, l'auteure relate l'emprise que l'écrivain français, par ailleurs pédophile militant, a eue sur elle.

Le scandale a éclaté publiquement au moment où les familles préparent et célèbrent Noël. Depuis, les médias ont transformé «Le Consentement», de Vanessa Springora, en affaire. Face au déballage médiatique, je me suis posé une question simple: et si le fait de parler de «l’Affaire Matzneff», de repasser en boucle ses apparitions à la télévision et de rouvrir ses livres, était une insulte supplémentaire à l’une de ses victimes, Vanessa Spingora? La déflagration causée par son témoignage a démarré bien avant la sortie du livre en librairie, le 2 janvier.

Certes, on est scandalisé par la complaisance qui a entouré les abus commis par l’écrivain français, âgé de 50 ans au moment des faits, alors que sa victime avait 14 ans. On braque les projecteurs sur l’éphébophile autoproclamé, ayant fait l’apologie de la pédophilie dans plusieurs ouvrages.

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En médecine, le «less is more» doit devenir la norme

Michel Matter

Michel Matter est médecin responsable du Centre ophtalmologique de Rive (Genève), président de l’Association des Médecins de Genève (AMGe), vice-président de la FMH et conseiller national. Les coûts de la santé devenant insupportables, il plaide pour un basculement des soins. Transformer le «faire tout pour son patient» à une médecine plus smart où le less is more doit devenir la norme.

L’évidence est souvent définie comme le contraire des croyances. Seulement, en médecine, il a fallu réaffirmer la notion d’une médecine dite plus «intelligente» car moins dispensatrice en traitements et examens effectués. Le principe de ne faire que ce qui est utile semble une évidence. Pourtant, ce phénomène n’a que quelques années et nous vient tout droit du continent nord-américain. Faire moins pour soigner mieux, telle est la base de la réflexion mise au bénéfice du patient.

Pourquoi c’est nécessaire. L’habitude prise pendant de nombreuses années à faire «tout» pour le patient en multipliant les examens et les traitements est un temps totalement révolu. Les coûts de la santé ayant explosé dans de nombreux pays et la charge financière pour les assurés étant difficilement supportable, les pistes pour poursuivre la haute qualité des soins sans porter préjudice au malade se sont développées. La smarter medicine est la plus aboutie car la plus simple à mettre en place, si l’on part du principe du maintien d’une haute qualité de formation médicale et chirurgicale et que les incitatifs économiques des prestataires de soins sont étroitement suivis et analysés.

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L'année électorale américaine, vue de la bulle démocrate de Boston

Lionel Pousaz (Boston)

En 2003, je partais aux États-Unis enseigner le français et travailler à une thèse de doctorat qui, je le pressentais, n’allait pas tarder à s’embourber. A peine débarqué à l’Université du Michigan, l’une de mes collègues, qui en avait vu d’autres, m’a prodigué un conseil sur mesure pour blanc-bec de mon genre: "Arrête de jurer et, surtout, évite de parler religion ou politique, ça passe mal ici. Tu comprendras vite."

J'ai donc expérimenté la consensualité des rapports sociaux à l’américaine. Mes collègues pratiquaient le small talk – l’art d’échanger amabilités et considérations météorologiques – avec un doigté qui continue de me manquer à ce jour. À peine les conversations effleuraient les orties de la controverse qu’elles s’envolaient déjà, légères, papillonner sur des thèmes inoffensifs et butiner de la pensée positive. Dans ce pays d’immigration, pensais-je, la cohabitation entre cultures a dû se construire en esquivant les sujets qui fâchent, ainsi que sur ces larges sourires, si typiquement américains. Pendant un an, j’ai donc tenu en laisse mon esprit de contradiction, et vécu mon retour en Europe comme un véritable soulagement.

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L'actualité vue par le CEO de Logitech, Bracken Darrell

Bonjour, c’est Bracken Darrell à Las Vegas, à la veille du plus grand salon technologique au monde: le CES. Alors que nous entrons dans une nouvelle décennie, le CES est l’endroit idéal pour examiner les tendances qui auront un impact sur Logitech et l’avenir de l’industrie technologique. Aujourd’hui, je vais vous parler de démocratisation des contenus numériques, de eSports et aussi d’une étonnante exposition sur le design ferroviaire helvétique.

Dans mon radar

La montée des eSports. Les technologies de simulation numériques et portables ont permis aux gens de s'entraîner comme des athlètes professionnels et de suivre leurs progrès. Je me souviens qu'en 2014, le CES était envahi par des entreprises de fitness. Toute ces courses, ces sauts, ces buts marqués et ces victoires étaient abrutissantes. Et elles ont masqué une tendance surprenante: la catégorie sportive qui croît le plus rapidement est celle des eSports.

Des millions de personnes se mettent en ligne chaque jour pour jouer à des jeux comme League of Legends, Fortnite et CS:GO, en compétition à des niveaux amateurs ou professionnels. Des millions d'autres les regardent jouer. Les eSports sont une révolution sportive et une révolution médiatique en plein boom. Je suis sûr que nous les verrons aux Jeux olympiques au cours de la décennie. Logitech va d’ailleurs lancer au CES quelque chose de nouveau dans la catégorie des jeux.

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En 2020, nous avons la chance d'assister au basculement de la médecine vers la machine

En médecine sauver une vie est «la plus belle récompense» de tout praticien. Désormais, les médecins ont de la concurrence: l’intelligence artificielle (IA), et en particulier le «machine learning», qui en est une des principales techniques, est semble-t-il elle aussi capable de sauver des vies. Xavier Comtesse, mathématicien et auteur du livre «Santé 4.0», aux Editions Georg, livre une réflexion et cinq exemples de santé connectée qui révolutionnent déjà la médecine.

En 2020, nous vivons un moment historique, déjà entamé en 2019: le basculement vers la machine. La compétence de sauver des vies en médecine a toujours été accompagnée de progrès technologique: seringue, stérilisation, vaccin, instruments en chirurgie, mais aussi pacemaker et autres dispositifs électro-mécaniques…

Aujourd’hui, l’innovation technologique se loge dans l’organisme ou en périphérie proche grâce à des software embarqués qui représentent l’essentiel de ce progrès. Cette approche représente une véritable rupture avec ce qui a été fait jusqu’à présent: les machines s’émancipent de l’homme. Et ce, même en médecine! Le marché de l’intelligence artificielle en santé est un marché en plein essor.

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L'étatisation rampante du système de santé pourrait nous plonger dans une dystopie à la «Black Mirror»

Noémie Roten

Ces dix dernières années, le système de santé suisse a peu évolué. Il est surtout devenu hors de prix et l’un des plus chers au monde. Au point que les payeurs de primes ne pourront bientôt plus s’acquitter de leurs factures. Quel avenir pour un système qui menace d’imploser face à la charge qu’il représente? L’analyse de Noémie Roten, économiste de la santé et journaliste chez Heidi.news, apporte un éclairage passionnant.

La nouvelle année qui débute sous peu est propice aux bilans, de préférence chiffrés. Pour envisager la prochaine décennie, il est en effet intéressant de se plonger au préalable dans les faits et statistiques de ces dix, voire même vingt dernières années. Cela permet de mieux comprendre le contexte actuel et d’en dessiner les contours à venir avec plus de précision.

Un des phénomènes intéressants que j’ai observé ces dernières années est le glissement du risque lié aux primes d’assurance-maladie impayées des assurés vers les cantons:

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Les nouvelles générations en Israël et Palestine feront-elles la paix à leur manière?

J’ai posé mes valises ici à la fin 2017, peu avant que Donald Trump ne reconnaisse unilatéralement Jérusalem comme la capitale d’Israël. Le déménagement de l’ambassade américaine est pour bientôt. Baptême du feu: l’actualité se charge de me plonger au cœur du conflit.

Je découvre alors ce qui transpire aujourd’hui de la société palestinienne: une résignation mêlée de résilience. Après deux intifadas et trois guerres à Gaza, la population semble accaparée par ses tracas individuels, conditionnés par le quotidien sous occupation. La “cause” palestinienne passe au second plan. Le déplacement de l’ambassade ou la reconnaissance des colonies comme “non illégales” par la Maison Blanche n’ont provoqués qu’un froncement de sourcil.

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Ces dix dernières années, j'ai vu le sida devenir une maladie rare en Suisse

Annick Chevillot

Cela fait 38 ans que le monde lutte contre le sida. Pour parler de ces dix dernières années de lutte, assez calmes, j’ai choisi la chronique personnelle.

Mortel dans les années 1970, le sida s’appelait alors cancer ou pneumonie des gays. Je ne me souviens pas de cette époque, ni du 5 juin 1981 quand la maladie a formellement été découverte et caractérisée, ni de 1982 lorsque le syndrome d'immunodéficience acquise trouve son nom toujours utilisé actuellement: sida. Et encore moins de 1983, quand on commence à voir apparaître ce mot en Europe.

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Mon beau-frère trader m’a écrasé au Monopoly et voici ce que j’ai appris

Paul Ackermann

Malgré ma matu scientifique, j’ai un esprit assez littéraire, qui préfère jouer l’instinct, faisant confiance à la passion et à la créativité. Dans ma bulle médiatico-universitaire, je me demandais parfois à quoi ressemblait la vie professionnelle de ces hommes d’affaires que l’on voit sortir des grands hôtels en costard-cravate. Quel est leur talent? Qu’est-ce qui les motive?

C’est alors que, lors d’un de ces séjours en famille typiques des fêtes de fin d’années, hors du temps et entouré de ceux qu’on aime, j’ai joué au Monopoly avec mon beau-frère trader (et au Scrabble aussi).

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Est-il possible de produire du foie gras éthique?

Nous avons mandaté notre experte Chloé Laubu, docteure en biologie du comportement animal, pour savoir s'il est possible de manger du foie gras pendant notre repas de Noël avec l'esprit tranquille...

«Est-il possible de produire du foie gras sans faire souffrir oies et canards?» C’est la question que m’a posée Heidi.news la semaine dernière à la suite de l’interdiction du foie gras à New York. Cette décision fait suite à celle de l’État de Californie, le foie gras étant déjà interdit dans plusieurs pays d’Europe et en Australie.

Pourquoi c’est important. C’est un sujet qui divise et peut rapidement échauffer les esprits au moment des fêtes de fin d‘année: entre les traditionnels qui ne peuvent pas envisager un repas de Noël sans, et ceux qui, à l’inverse, ne comprennent pas que l’on puisse prendre du plaisir à en manger en sachant comment il est fabriqué. Le débat fait rage, et de manière de plus en plus marquée.

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Ce que Facebook a fait à mon cerveau pendant une décennie

Sarah Sermondadaz

Facebook a fêté cette année son quinzième anniversaire. Au départ confidentiel en Europe, le premier réseau social mondial a poursuivi au début des années 2010 son ascension fulgurante, avec des changements rapides pas toujours faciles à suivre pour les utilisateurs. En 2018, le scandale Cambridge Analytica, qui a vu les données personnelles de millions d’inscrits sur Facebook siphonnées à des fins de microciblage politique, marquait le début d’une nouvelle phase dans l’histoire du réseau: celle de la défiance des utilisateurs.

Ces derniers ont de toute façon vieilli: les jeunes générations n’ont pas connu la fin des années 2000 sur Facebook, et cette impression d’être un pionnier du numérique, tout cela parce qu’on était en mesure d’envoyer des poke à son voisin de classe.

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Les bonnes news de Heidi.news

Serge Michel

Chères lectrices, chers lecteurs,

A cette date, l’an dernier, nous étions cinq, serrés autour de deux tables dans les bureaux de notre associé, le graphiste Jérôme Bontron. Nous avions déjà quelques abonnés, mais rien à leur faire lire et surtout, le développement du site nous inquiétait: ces jeunes gens qui codaient à longueur de journée dans un langage mystérieux, savaient-ils où ils allaient?

La réponse était oui. Douze mois plus tard, il faut bien avouer que l’année pouvait difficilement mieux se terminer:

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Didier Queloz explique pourquoi l'on n'a pas encore trouvé de «sœur jumelle» de la Terre, et comment y parvenir

Didier Queloz

Didier Queloz, professeur d’astronomie aux Universités de Genève et de Cambridge, et lauréat 2019 du Prix Nobel de physique, assiste à Kourou (Guyane française) au décollage du télescope spatial suisse CHEOPS, dont il est l'un des pères fondateurs. Notre envoyé spécial sur place, Olivier Dessibourg, a recueilli et retranscrit ses réflexions sur la quête effrénée — et parfois survendue — d’une exoplanète similaire à la Terre ailleurs dans notre galaxie.

Lorsque sont évoquées, à travers des médias parfois trop enthousiastes, d’«autres Terres» existant ailleurs dans notre galaxie, il y a de grosses confusions qu’il faut lever. Ce n’est pas un sujet facile. Scientifiquement, il est clair, mais il est – on va dire – un peu sensible... Où en est-on réellement aujourd’hui? Il faut d’abord savoir de quoi on parle exactement.

Cette ambiguïté permet d’assurer une visibilité à beaucoup de projets scientifiques, pour lesquels l’idée d’une «autre Terre» induit immédiatement et indubitablement un effet d’annonce. Par exemple, on entend souvent que PLATO, l’une des prochaines missions de l’Agence spatiale européenne (ESA) va trouver des planètes équivalentes à la Terre. En réalité, voilà comment je vois les choses – et c’est ici mon interprétation des discussions et réflexions actuelles plutôt qu’un avis généralisé. Il faut tout d’abord se mettre d’accord sur ce qu’on entend par «autres Terres».

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L'actualité vue par l'aventurière Sarah Marquis

Sarah Marquis

Dans mon radar

Noël or not Noël. Je n’aime pas cette période de surconsommation qui précède le 25 décembre. A chaque fois que je regarde l’abondance de produits alimentaires carnés dans les magasins, j’y vois la souffrance animale. Le sort industriel que les humains réservent aux animaux me révolte. Les animaux ne sont pas à notre disposition. Je suis végétarienne depuis que j’ai 11 ans et vegan depuis deux ans. Je suis convaincue que d’ici cinq ans, nous le serons tous. Parce que le «toujours plus de viande», ça ne va pas pouvoir durer. Et que je pense que le less is more va l’emporter. On n’a pas besoin de consommer autant. Ce n’est pas bon pour nous, ni pour les animaux ni pour la planète.

A ce sujet, j’ai été bluffée par le documentaire co-produit par James Cameron, Arnold Schwarzenegger, Jackie Chan, Lewis Hamilton, Novak Djokovic et Chris Paul: «The Game changers». Cette réflexion alimentaire s’étend chez moi jusqu’aux cadeaux: pour Noël, je préfère offrir des expériences plutôt que des biens.

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«La franchise de référence à 1500 francs viendra peut-être de là où on l’attend le moins»

Philippe Nantermod

Philippe Nantermod est conseiller national PLR valaisan. Avocat à Sion, il est membre de la Commission de la sécurité sociale et de la santé publique au National. Dans cette tribune, il revient sur la décision du Parlement de rejeter sa proposition de franchise à 1500 francs.

Le Parlement a dit non. Clair, net. Il ne veut pas d’une franchise de référence à 1500 francs pour l’assurance-maladie. Au nom de la solidarité, des moyens des plus faibles, de la lutte contre une médecine à deux, trois, dix, vingt-cinq vitesses... Les raisons dégoulinent de bons sentiments.

En attendant, ce sont les primes qui s’envolent. L’année dernière, ma prime d’assurance-maladie a augmenté plus fortement que le montant de la franchise de base. Ce lien n’interpelle pas. En 2019, on a donc rejeté une augmentation de 50 francs de la franchise, mais on a laissé passer 300 francs de primes en plus. Avec le sentiment d’avoir sauvé le budget des ménages.

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The Ethical Challenges of Digitizing Our Cultural Heritage

Alain Dubois is the Head of State Archives of the canton of Valais, and founder of the Sion Time Machine project. Dr. Johann Roduit is the founder of Conexkt – Innovation Studio. Together they present the Sion Time Machine project: an initiative that aims to create a digital twin of the city of Sion, in Switzerland, in the same vein as the Venice Time Machine.

«Who controls the past controls the future. Who controls the present controls the past.» Applied to our digital societies, this famous quote from George Orwell’s novel 1984 implies that whoever controls our collective memory, i.e. the cultural heritage left to us by past generations, controls our societies’ future.

The recent Facebook-Cambridge Analytica scandal, in which the personal data of several million Facebook users was misused without their knowledge, seems to be one example of Orwell's science fiction coming true. Regaining control of our individual and collective data, both past and present, is therefore a major and fundamental challenge for the proper functioning of our democracies.

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#MeToo mais pas chez nous: chez Unia, les femmes harcelées ne parlent pas, elles partent

Serge Michel

Vendredi dernier, à la lecture de la Tribune de Genève, nous avons été plusieurs, à la rédaction, à se faire la même réflexion: #MeToo arrive enfin en Suisse! Une excellente enquête du 6 décembre de nos consœurs Chloé Dethurens et Caroline Zumbach révélait qu’une dizaine de femmes avaient souffert des «méthodes douteuses» (en fait, du harcèlement caractérisé) d’un syndicaliste genevois de premier plan: des invitations insistantes à des rendez-vous hors du cadre professionnel, des contacts physiques non désirés, des relances incessantes via mail ou SMS.

J’étais encore au journal Le Monde à l’automne 2017 lorsqu’a éclaté l’affaire Weinstein et que les vagues #MeToo puis #balancetonporc ont déferlé sur la France. Nous avions organisé une réunion au plus haut niveau «pour que ce mouvement de dénonciation du harcèlement sexuel soit une de nos priorités éditoriales». Une task force a été mise en place pour enquêter partout: lycées, universités, grandes entreprises ou sociétés de nettoyage, hôpitaux, syndicats, médias, milieux sportifs ou politiques. Une méthodologie a été adoptée pour vérifier les dizaines de témoignages recueillis, des scandales ont été mis à jour, des noms ont été publiés – s’ils étaient d’intérêt public.

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«Accuser le vapotage, c’est comme accuser le verre en cas d’empoisonnement»

Ex-professeur de pneumologie au CHU de la Pitié-Salpêtrière (Paris), Bertrand Dautzenberg, est tabacologue à l’institut Arthur Vernes (Paris) et président de la commission «e-cigarettes et e-liquides» de l’Afnor. Ce grand défenseur du vapotage comme outil de réduction des risques tabagiques estime que le traitement médiatique de la crise américaine du vapotage n’a pas été à la hauteur et démonte les arguments anti-vapotage. Nous lui avons laissé la parole.

Les multiples attaques contre la vape sont très largement diffusées dans les médias en oubliant que dans un pays comme la France le tabac a tué plus de 500’000 fumeurs en France ces huit dernière années [et plus de 75'000 en Suisse, ndlr], alors qu’aucun décès n’a été rapporté au vapotage sur la même période.

Fumer n’apporte aucun bénéfice et fait courir un risque considérable. Le vapotage a pour le fumeur un rapport bénéfice-risque élevé quand il est utilisé en remplacement du tabac. Le bénéfice est en revanche nul chez le non-fumeur, de sorte que le risque le plus minime conduit à un rapport bénéfice-risque négatif. Ce qui invite les médecins à déconseiller l’usage de la cigarette électronique chez le non-fumeur.