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Le remède sera-t-il finalement pire que le coronavirus?

Annick Chevillot

Exceptionnellement, nous avons décidé de mettre cet article à disposition gratuitement tant ces questions sont importantes dans le débat public face à l'épidémie en cours. Mais l'information de qualité ayant un prix, n'hésitez pas, si vous le pouvez, à vous abonner en cliquant ici.

Je ne suis pas une grande admiratrice de Donald Trump. Et son tweet du 23 mars où il affirmait «Nous ne pouvons pas laisser le remède être pire que le problème lui-même», m’a consternée. On ne peut pas comparer la perte de vies humaines à celle de points de croissance. Quelques jours avant, le 19 mars, la présidente du Conseil d’Etat vaudois Nuria Gorrite disait de son côté, à l’antenne de la RTS, le choix terrible auquel les autorités étaient confrontées: «Ou on envoie mourir les gens ou on les envoie au chômage.»

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Pourquoi le pays des pharmas est-il si nul face au corona? Ma rencontre avec le patron de Debiopharm

Géraldine Savary

Toutes les deux semaines, Géraldine Savary contribue à Heidi.news au travers d’une rencontre afin de dessiner, article après article, une constellation de personnalités dont le tracé serait totalement subjectif, aléatoire et transparent.

Il arrive que des patrons d’entreprises pharmaceutiques souhaitent rencontrer des parlementaires socialistes. Pour parler de leur travail, échanger sur la recherche et le pays en général. Et quand des mondes différents se croisent, il y a toujours quelque chose à en apprendre. Alors, le jour où Rolland-Yves Mauvernay, fondateur de Debiopharm m’a appelée, il y a presque dix ans, j’ai tout de suite accepté l’invitation. On s’est vu à la cafétéria de l’entreprise, dans un quartier à l’est de Lausanne. Le bâtiment de l’architecte Bernard Tschumy, classé patrimoine historique, venait d’être rénové. Tout était lumineux et beau, comme si ici, on ne fabriquait pas des médicaments, mais des espaces de bonheur et de bien-être.

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Le confinement peut modifier le fonctionnement de nos gènes

Ariane Giacobino

Ariane Giacobino, médecin généticienne aux HUG, chercheuse dans le domaine de l’épigénétique à la Faculté de médecine, UNIGE.

L’isolement social prolongé, et la solitude, sont des facteurs de risque connu pour divers indicateurs de santé tels que les maladies cardio-vasculaires, les AVCs, la démence, les maladies chroniques, ainsi que pour la mortalité. Mais ils constituent aussi des facteurs de risque pour la santé mentale, avec pour conséquence une augmentation de troubles tels que l’anxiété, la dépression, l’impulsivité et les troubles mnésiques. Les mécanismes biologiques sous-jacents sont toutefois mal connus.

Chaque jour, la newsletter qui vous livrera infos, témoignages et analyses au cœur des hôpitaux.

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L'actualité vue par Alisée de Tonnac, directrice du concours de start-up Seedstars

Alisée de Tonnac

Bonjour, c’est Alisée à Lausanne où le Covid-19 a transformé nos vies et fait basculer sur internet notre sommet Seedstars qui rassemble des entrepreneurs du monde entier chaque année à l’EPFL.

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N'attendons pas la fin de la crise pour assurer l'approvisionnement pharma!

Daniel Kraus et Pascal Bonnabry

Daniel Kraus est professeur ordinaire à l'Université de Neuchâtel (Chaire de droit de l’innovation) et Pascal Bonnabry est pharmacien chef aux HUG et professeur associé à l'Institut des sciences pharmaceutiques de Suisse occidentale (Université de Genève).

Appel au Conseil fédéral, aux autorités compétentes et à l’industrie pharmaceutique.

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Non, le «prochain virus» ne sera pas nécessairement chinois

Yannick Rousselot

Après des études de Lettres et Sciences Sociales à l'Université de Lausanne, puis d'études du développement à la Sorbonne, Yannick Rousselot est devenu assistant-doctorant au département de Géographie et Environnement et du GEDT de l'UNIGE. Sa thèse porte sur les enjeux de justice environnementale liés à l'eau dans les métropoles de Johannesburg et de Los Angeles.

«Dans la contagion, l’absence de solidarité est surtout un manque d’imagination.» Contagions de Paolo Giordano.

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L'actualité vue par Philippe Rebord, ancien chef de l’armée

Philippe Rebord

Ce texte est issu de la newsletter quotidienne et gratuite de Heidi.news, Le Point du jour, et de ses éditions spéciales avec un invité.

Bonjour, c’est Philippe, ancien chef de l’armée, retraité depuis le début de l’année et confiné à Fully d’où je rédige avec plaisir cette newsletter spéciale pour Heidi.news.

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Face au coronavirus, l’open source sauve des vies

Quentin Louis Adler

Quentin Louis Adler est avocat spécialisé en droit des nouvelles technologies. Il prépare une thèse juridique sur l’open source hardware à l’Université de Neuchâtel, financée par le FNS.

De quoi on parle? Le Covid-19 met sous pression le corps soignant, mais aussi les fabricants et distributeurs d’appareils et accessoires médicaux, tels que machines de ventilation, masques respiratoires, concentrateurs d’oxygène, oxymètres de pouls, etc. Les industriels traditionnels peinent à tenir le rythme de la demande, avec des perspectives sinistres.

Pour lutter contre cette pénurie, des communautés de fabricants, ingénieurs et professionnels de la santé contribuent sur le web au codéveloppement et à la fabrication décentralisée de dispositifs médicaux selon des modèles open source hardware. Par exemple, la PME polonaise Urbicum propose depuis le 20 mars 2020 des ventilateurs respiratoires en open source (projet Ventilaid) sur le site Gitlab.com (lire l’article de Heidi.news).

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Il n'y a pas que le coronavirus qui inquiète les médecins, il y a tous les autres patients aussi!

Philippe Eggimann

Mobilisé contre la pandémie de coronavirus, le corps médical subit des restrictions de pratiques imposées aux cabinets par la Confédération. Ne plus traiter les patients fragiles ou chroniques peut engendrer une dégradation simultanée de la santé de la population pour un coût humain exorbitant. Le Dr Philippe Eggimann, président de la Société médicale de la Suisse romande (SMSR) et de la Société vaudoise de médecine (SVM), lance un appel urgent.

Médecins installés ou hospitaliers, médecins spécialistes ou généralistes, médecins de ville ou de campagne, et même parfois médecins retraités, l'ensemble du corps médical est actuellement pleinement mobilisé et solidaire contre la pandémie de coronavirus.

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Comment sortirons-nous du confinement? En faisant notre deuil du monde d'avant

Olivier Dessibourg

Il va bien falloir un jour, comme les Chinois depuis mercredi dans le Hubei, sortir de ce confinement.

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Il faut sauver les livres! L'actualité vue par Caroline Coutau, directrice des éditions ZOE

Caroline Coutau

Bonjour, c’est Caroline à Genève, où je fais tout ce que je peux pour sauver ZOE, la maison d’édition que je dirige. Comment faire quand les librairies ont fermé et qu’elles nous apportaient 80% de nos revenus?

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Comme si le coronavirus avait, pour un temps, gelé le conflit israélo-palestinien

Salomé Parent (Tel-Aviv)

J’ai d’abord pensé qu’Israël en faisait trop. On était au début du mois de mars, le virus n’était encore qu’une info parmi d’autres, menaçante certes, mais surtout éloignée. Et puis, quand Covid-19 s’est imposé dans notre quotidien, j’ai changé d’avis. Israël, avec son «syndrome de Massada» (référence aux derniers zélotes assiégés par les Romains) et ses mesures drastiques prises très tôt, me semble relativement à la hauteur dans la lutte contre l’épidémie. Du moins plus que l’Europe, où le délai avant la mise en place de mesures d’exception et la propagation exponentielle du virus qui en découle, mettent aujourd’hui au défi les systèmes de santé nationaux.

Une actualité vous interroge ?

Posez votre question à la rédaction de Heidi.news

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Quand la maison Blanche se dit victime de l’incompétence du reste du monde

Lionel Pousaz (Boston)

Ce mercredi, les ministres des affaires étrangères du G7 se réunissaient (en téléconférence) à propos de la pandémie. Ils ont fini par ne rien décider. Comme il se doit en ces situations, l’absence de déclaration commune signe l’absence de consensus. Or il semble qu’une question de terminologie ait pesé lourd sur cet échec. En la personne de Mike Pompeo, les Etats-Unis auraient contribué à saborder les discussions, en insistant pour que Covid-19 soit officiellement désigné sous l’appellation de «virus de Wuhan».

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Coronavirus, une drôle de guerre

Sarah Sermondadaz

Sarah Sermondadaz est journaliste scientifique pour le Flux Sciences de Heidi.news. Située en France au moment où le gouvernement français a décidé de confiner la population, elle livre un texte personnel depuis son appartement en région parisienne dont elle n'a plus le droit, comme les autres Français, de sortir, hormis pour les achats de première nécessité.

Ce dimanche soir, comme près d’un milliard d’humains (et c’est inédit), je suis confinée chez moi. Assignée à résidence, sans bracelet électronique, pour notre propre bien à tous – d’ailleurs, restez chez vous: la résistance, elle est en chambre. J’y suis à guetter cette drôle de guerre sanitaire qu’on ne vaincra qu’à l’usure. Enfin, «on»… Une bataille dans laquelle, nos soignants, surtout, combattent et combattront, parfois au péril de leur vie ou de celle de leurs proches. Dehors, pies, corneilles et pinsons, indifférents; les premiers sursauts du printemps. La ligne de front? A la fois omniprésente et invisible, sauf aux avant postes blêmes de l’hôpital. Une drôle de guerre, oui, pour reprendre la terminologie du président français Emmanuel Macron, qui a utilisé le terme à six reprises lors de son allocution du 17 mars.

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Au Mali, il n’y a qu’une dizaine de respirateurs, principalement dans la capitale

Matteo Maillard (Bamako)

Correspondant du quotidien «Le Monde» à Bamako, Matteo Maillard, signe chaque jeudi un Point du Jour pour Heidi.news. Il raconte aujourd'hui comment l'Afrique tente de se préparer à l'arrivée de coronavirus.

Depuis une semaine, le monde semble inversé. Alors que l’Europe est en prise avec la pandémie de coronavirus, de plus en plus de pays africains décident de fermer leurs frontières aux «migrants» du nord, touristes et travailleurs expatriés, venus de zones contaminées. Le Maroc, l’Algérie, la Tunisie, l’Egypte, le Sénégal, le Cameroun, le Togo, le Tchad, le Mali, la Somalie et Madagascar ont été les premiers à prendre la décision d’arrêter les vols venant de pays contaminés.

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Nous sommes tous citoyens du monde, même s’il est infecté

Serge Michel

Chères lectrices, chers lecteurs, j’espère que vous allez bien et que votre confinement se passe le mieux possible, sans funestes symptômes. L’envoi du Point du jour de ce 21 mars, auquel je pense depuis plusieurs semaines, devait être joyeux et optimiste.

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Ma rencontre avec Vincent Baudriller, directeur du Théâtre de Vidy, capitaine sans bateau

Géraldine Savary

Toutes les deux semaines, Géraldine Savary contribue à Heidi.news au travers d’une rencontre afin de dessiner, article après article, une constellation de personnalités dont le tracé serait totalement subjectif, aléatoire et transparent.

Il n’est pas très chaud pour cet entretien. Avec la crise du Covid-19, trop de choses à gérer, trop de travail. Et puis impossible de se rencontrer pour de vrai. Même si le strict confinement n’a pas été décrété par les autorités, il s’agit pour lui comme pour moi de montrer l’exemple. Nous échangerons donc par Skype.

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Qu’attendons-nous, en Suisse et à Genève, pour entrer en lock-down complet?

Elka Gouzer

Exceptionnellement, nous avons décidé de mettre cet article à disposition gratuitement de tous nos lecteurs, tant ces débats sont importants pour bien réagir face à l'épidémie en cours et mieux la comprendre.

Jeudi dernier, j’ai adressé une lettre ouverte à nos autorités sanitaires via Heidi.news, dans laquelle je les suppliais de prendre les mesures draconiennes nécessaires pour ralentir la progression du coronavirus.

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A quoi ressemblera le monde d'après le coronavirus?

Serge Michel

A quoi ressemblera le monde d'après le coronavirus? C’est une bonne question, à laquelle je n’ai évidemment pas toutes les réponses. Je vous propose plutôt des pistes de réflexion.

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L'isolement, solution paradoxalement solidaire contre le Covid-19

Olivier Dessibourg

«Flatten the curve». Ou, en français, «aplatir la courbe». C’est le titre d’un graphique qui circule en boucle sur les réseaux sociaux depuis quelques jours. Une image aussi épurée et simple qu’efficace et parlante pour expliquer la situation actuelle dans la lutte contre l’épidémie de Covid-19, en Suisse comme ailleurs.

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Suis-je capable d’écrire? Est-ce possible de passer d’un coup de l’autre côté du miroir?

Géraldine Savary

Il y a une année jour pour jour, je siégeais au Conseil des États, comptant le nombre de femmes assises en face de moi (cinq) et de jours qui me séparaient de la fin de mon mandat de parlementaire. Je ne savais pas du tout ce que j’allais devenir. Aujourd’hui, grâce aux mobilisations engagées le 8 mars dernier, de six, les femmes sont passées à douze au Sénat et voilà que je tente un retour à mes premières amours, l'écriture. Comme quoi, tout peut arriver en une année…

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Ma rencontre avec Joëlle Bertossa, productrice de sens

Géraldine Savary

A partir d’aujourd’hui et toutes les deux semaines, Géraldine Savary contribue à Heidi.news au travers d’une «rencontre» afin de dessiner, article après article, une sorte de constellation de personnalités dont le tracé serait totalement subjectif, aléatoire et transparent.

Ma première rencontre avec Joëlle Bertossa s’est jouée sur un malentendu. J’étais invitée à Visions du réel, et je l’ai confondue une bonne partie de la soirée avec la directrice du Festival. Elle eut l’élégance de ne pas me le faire remarquer, discourant sur les budgets et la programmation comme si c’était les siens.

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L'actualité vue par la directrice du FIFDH, annulé pour cause de coronavirus

Isabelle Gattiker

Bonjour, c’est Isabelle à Genève, où, après l’annulation du FIFDH pour cause d’épidémie de Covid-19, nous avons refusé de baisser les bras et avons monté en 48 heures un festival virtuel, à suivre sur de nombreuses plateformes dont Heidi.news, et dont la programmation détaillée sera annoncée cet après-midi.

Ce matin, je vous donne les premiers éléments de ce Festival repensé et adapté aux circonstances. Les thèmes abordés cette année au FIFDH, des révoltes citoyennes à l’urgence climatique, sont si importants que nous ne pouvions pas passer l’édition 2020 à la trappe.

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Le coronavirus, allié invisible d'Al Gore et Greta Thunberg contre le réchauffement

Olivier Dessibourg

Mieux qu’Al Gore en 2006 avec son film Une vérité qui dérange. Bien mieux aussi que Greta Thunberg et ses vendredis sans école. Et mille fois mieux que l’ensemble des gouvernements politiques du monde réunis.

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Porno gratuit et fêtes clandestines: récits de quarantaine en Italie

Gea  Scancarello

La journaliste milanaise Gea Scancarello, qui a signé pour Heidi.news la grande enquête l’an dernier sur l’addiction digitale, vit en pleine zone de quarantaine due au coronavirus, à Milan. Elle nous raconte cette expérience singulière, à la première personne.

Le vendeur de rue indien me regardait, les yeux grands ouverts et un sourire de Mona Lisa sur le visage. Puis je l'ai surpris en train de murmurer quelque chose à l’oreille de son voisin. Ils étaient seuls, le long du canal désert, et portaient tous les deux des masques. Pour ma part, je me mouchais. J’ai senti le besoin de me justifier. «J'ai nagé dans la mer il y a quelques jours», ai-je répondu. «Et l'air est plein de pollen», ai-je ajouté. Les deux vendeurs n'arrêtaient pas de ricaner. «Je vais bien, je suis juste allée courir», ai-je dit encore. Ils ne me croyaient pas. Cela m’a énervée. «De toute façon, vous n’avez même pas le droit d’être ici, vous le savez», ai-je ajouté.