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Les capteurs innovants d'une start-up de l'EPFL permettent de maintenir les aînés à domicile plus longtemps

En 2030, il y aura environ 700 000 personnes âgées de plus de 80 ans en Suisse | Gaëtan Bally, Keystone

Aider les ainés à rester le plus longtemps possible indépendants à domicile, grâce à des capteurs enregistrant en continu leurs indices de fragilité. C’est ce que propose la start-up Domo-Safety, basée à l’EPFL, et l’une des entreprises-phare présentes sur le stand suisse consacré à la domotique intelligente à VivaTech, l’immense raout technologique qui débute ce jeudi à Paris.

Pourquoi c’est important. La population très âgée est en forte augmentation. En 2030, il y aura environ 700 000 personnes âgées de plus de 80 ans en Suisse, deux fois plus qu’en 2014. Le vieillissement représente un coût grandissant pour le système de santé et les structures d’accueil risquent d’être insuffisantes.

Domo-Safety développe des solutions technologiques dont les objectifs sont la surveillance médicale à distance et la prévention d’accidents et de troubles médicaux, voire le diagnostic précoce de maladies , et enfin l’amélioration de l’accompagnement par les soignants.

Comment ça marche. L’idée est d’équiper les logements des personnes âgées avec toutes sortes de capteurs, de mouvement notamment. Les données sont analysées en temps réel pour détecter des comportements potentiellement à risques (par exemple des chutes), mais aussi pour diagnostiquer l’insuffisance cardiaque et les indices de démence.

  • Des capteurs placés sous le lit, dans la cuisine et même sur le frigo suivent en continu différents paramètres comme le sommeil ou la mobilité: heure de coucher et de lever, fréquence des sorties de lit la nuit, vitesse moyenne de déplacement.

  • À partir de ces informations, le logiciel définit un profil standard des comportements de chaque personne. De quoi adapter et coordonner les actions des proche-aidants et du personnel soignant. Par exemple, lorsque l’outil détecte un risque accru de chute, des alarmes peuvent être envoyées.

  • Tout le système fonctionne en auto-apprentissage, en s’adaptant au profile de chaque personne.

Les perspectives qu’ouvrent ces recherches. Depuis quelques mois, des senseurs médicaux (rythme cardiaque, fréquence respiratoire) sont ajoutés au dispositif statiques et testés dans le cadre de projets pilotes. Une intelligence artificielle corrèle les données environnementales et médicales.

Selon Domo-Safety, les problèmes d’insuffisance cardiaque peuvent être prédits trois mois avant qu’un incident ne survienne. La start-up travaille aussi sur la détection des signes d’Alzheimer. Tous ces travaux font l’objet de publications scientifiques.

Un millier de logements sont équipés en Suisse et en France. Deux cents personnes sont suivies par des institutions médicales, dans des buts divers:

  • Détection des maladies cardiovasculaires, avec l’Inselspital de Berne.

  • Détection de la maladie de Parkinson, avec le CHUV de Lausanne.

  • Analyse des risques de démence (Alzheimer) en collaboration avec l’Université de Lucerne et de Norvège.

Pourquoi c’est complexe. Récolter ces données ne peut se faire sans réglementation :

  • Les ainés doivent accepter l’enregistrement permanent de leurs faits et gestes.

  • Les paramètres de santé sont des données sensibles qu’il faut protéger contre le piratage.

  • L’utilisation de la plateforme numérique de suivi n’est parfois pas aisé au sein d’une personnel soignant peu aguerri aux nouvelles technologies.

Guillaume du Pasquier, cofondateur de Domo Safety:

« La commercialisation de nos outils a été soumise à des nombreux comités éthiques et nous sommes tenus de respecter les règles européennes en termes de cryptage et de stockage des données.»

Ce qu’ils en disent. Jean Gabriel Jeannot, expert « Projets santé numérique » au sein du centre universitaire de médecine générale et de santé publique Unisanté à Lausanne:

« Domo-Safety propose une solution valable à condition de ne pas oublier qu’un individu ne se résume pas à un ensemble de données. Cette collecte peut avoir des implications psychologiques qu’il faut mesurer.»

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Lire l'interview de Jean-Gabriel Jeannot (FR)

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