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Faire paître des vaches ou mettre les sols en cultures: la compétition fait rage dans les champs suisses

Des vaches en Suisse, dans un champ sec | Jean-Christophe Bott/Keystone

Il n’y a pas que dans une arène de corrida que l’homme peut entrer en concurrence avec le bovin. Dans les champs, l’agriculture fourragère destinée aux vaches laitières peut entrer en concurrence directe avec les cultures pour la consommation humaine, montre une étude suisse.

Pourquoi c’est important. La surface de terres arables disponibles tend à diminuer en Suisse. Il devient essentiel de disposer d’outils permettant d’arbitrer l’usage des terres et d’optimiser l’alimentation animale.

L’étude menée par l’Agroscope et la Haute école des sciences agronomiques de Berne a développé deux indicateurs pour évaluer cette compétition dite «Feed-Food» (entre l’alimentation animale et humaine).

Les indicateurs développés. Ils sont au nombre de deux:

  • Un indicateur relatif à la «concurrence alimentaire», qui chiffre la contribution de la production laitière à l’alimentation humaine par rapport à la consommation fourragère du bétail, si ces céréales étaient directement consommées par l’homme.

  • Un indicateur de «concurrence pour l’utilisation des surfaces» qui évalue la production agricole pour l’homme qui découlerait de l’utilisation agricole des terres aujourd’hui utilisées pour la production laitière.

Sur quels critères se basent-ils? Pour calculer ces deux indicateurs, deux dimensions sont envisagées: la valeur énergétique des aliments, ainsi que leur contribution en protéines. En plus du lait, la viande de veaux et de vaches a également été incluse dans les calculs.

Les conclusions. En Suisse, la concurrence alimentaire est inférieure à la celle d’utilisation des surfaces. Du point de vue de la production de protéines et d’énergie, réserver les terres arables en priorité à l’alimentation humaine s’avère plus efficace. Le meilleur exemple reste celui des vaches d’alpages, qui permettent d’utiliser des terres impropres à l’agriculture.

Les applications concrètes. L’étude émet plusieurs recommandations pour réduire la concurrence entre humains et bovins:

  • Éviter le recours aux aliments fourragers concentrés, qui utilisent de vastes surfaces agricoles,

  • Lorsque c’est possible, valoriser les sous-produits agricoles ou alimentaires (tourteaux d’extraction du colza, résidus de brasserie…) en les distribuant aux bêtes,

  • Accroître l’efficacité des cultures fourragères pour limiter l’utilisation de terres arables.

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Lire l'étude publiée dans Agroscope Science (DE)

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