Coureurs au Matterhorn Ultraks, un trail organisé chaque été dans les montagnes autour de Zermatt. | David Carlier
La montagne en courant | épisode № 08

Comment le trail m’a appris à faire taire mes tendons siffleurs

Le trail a la réputation de faire mal, surtout quand on dépasse la dose prescrite. Vrai? Faux? Notre explorateur s’est fait cobaye dans les mains de deux kinés, dont un philosophe.

Dans le cabinet de kiné de Stéphane Balmat, les tendons «chantent» ou «sifflent». On est à Chamonix, berceau de tous les sports de montagne. Les occasions de tirer sur les tendons et de leur arracher des cris de douleur sont multiples. Ici, on les réunit en chorale.

«C’est la première fois que ce tendon siffle?» demande donc le kiné juvénile au langage fleuri. Son cabinet s’appelle Malalapapat (prononcez à voix haute et votre blessure est déjà un peu moins grave!). J’étais venu confier mon pied à ses mains à la veille du 90 kilomètres du Mont-Blanc. Mon aponévrose s’était réveillée juste avant ce beau trail qui fait le tour de la vallée de Chamonix par les balcons. L’aponévrose est un faisceau de tendons qui se déploie en éventail sous la plante du pied et a une fâcheuse tendance à s’inflammer, comme le tendon d’Achille auquel il s’accroche en passant sous le talon – c’est une vision un peu stylisée, mais elle m’est bien utile pour communiquer avec cette partie de mon corps dont j’ignorais complètement l’existence avant de me mettre à courir (pour la rigueur scientifique, voir un écorché ou votre médecin traitant).

Cet article est réservé aux Membres.

Accédez à tous nos contenus, soutenez une rédaction indépendante.

Devenez Membre