La morgue de l'hôpital Fatebenefratelli, au centre de Milan, qui a vidé tout son département de malades du cœur pour accueillir des victimes du coronavirus. Les corps des défunts sont amenés ici, en attendant l'enterrement qui doit être célébré en l'absence des parents, en raison des restrictions sanitaires. Gabriele Galimberti / Riverboom
Milan aux temps du coronavirus | épisode № 02

Besoin d’une opération urgente du cœur? Merci d’attendre la fin de l’épidémie COVID-19…

A l'heure où les mesures de confinement ont été étendues à toute la péninsule, Gea, 40 ans, qui lutte toujours contre un rhume, température: 36,7 et Gabrielle, 42 ans, toujours aucun symptômes de grippe, température: 36,6, nous racontent l'histoire d'un monsieur qui préfère ne pas être identifié. Il a été hospitalisé d'urgence vendredi pour un problème cardiaque. Samedi, il a été expulsé de son lit pour faire place aux patients atteints du coronavirus. Le voilà dans un autre hôpital, où il attend sans savoir s'il pourra être soigné avant qu'il ne soit trop tard. Entre temps, 97 personnes sont mortes en Italie, où l'on compte désormais 9172 cas de coronavirus avéré.

Qu’est-ce qui a le plus de valeur: la vie d'un patient atteint d'un coronavirus ou d'un patient cardiaque? Qui a le plus droit à un lit aux soins intensifs? Et qui décide de cela? A Milan, au 2e jour de la quarantaine totale, alors que le nombre de décès dus aux coronavirus en Italie atteint 463 personnes (donc 97 morts dans la journée) et que les mesures de confinement ont été étendues au pays entier (on se croyait tellement uniques, au nord!) voilà un jugement digne de Salomon. La réponse est hélas plus prosaïque: les victimes du Covid-19, dedans, les autres dehors.

Même si un patient de 60 ans présente une aorte dont la partie abdominale a gonflé pour atteindre 7 cm de large, soit deux fois et demi la taille normale, avec un risque important de rupture d’anévrisme. Et présente aussi des coronaires bouchées à 70%, avec un risque cardiaque majeur.

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