| radar

A quoi ressemblera la vengeance iranienne?

Devant la Maison Blanche, hier après les attaques en Iran | Keystone

L'exécution du général iranien Ghassem Soleimani par les Etats-Unis vendredi dernier ouvre une période de fortes incertitudes et tensions dans tout le Moyen-Orient. Je connais l’Iran pour y avoir travaillé quatre ans pour Le Temps et Le Figaro, et publié un livre: Marche sur mes yeux, portrait de l’Iran aujourd’hui (Grasset, 2009). Alors ces prochains jours, je vous sélectionnerai quelques lectures pour comprendre la tournure des événements, et les commenterai.

Tout le monde s'attendait à une vengeance spectaculaire de l'Iran, mais les attaques de cette nuit ne le sont pas – pour autant que du sang américain n'ait pas coulé, ce qu'on ne peut pas confirmer pour l'instant. Ces missiles ont été tirés par l'Iran sur des bases militaires américaines qui étaient préparées à cette éventualité. Ces tirs me semblent avoir pour fonction principale de répondre aux attentes des foules mobilisées pour les funérailles du général Soleimani: les images du décollage des missiles sont passées en boucle à la télévision iranienne.

Pour le reste, face à une Amérique fébrile, le régime de Téhéran agit souvent de sang froid, malgré sa rhétorique guerrière. Il a intérêt à éviter la course à la guerre, car le basculement que marque l'exécution du général Soleimani lui sera favorable à terme, avec déjà deux succès d'étape: l'union nationale autour d'un martyr plus modéré qu'on le pense parfois, comme l'explique Foreign Policy, et le retrait d'Irak de troupes de plusieurs membres de l'Otan. Avec un bémol: ce basculement sera favorable à l'Iran si et seulement si la région ne sombre pas dans le chaos.»

link

Foreign Policy

La newsletter qui aborde les enjeux de la sortie de crise selon une thématique différente

Lire aussi