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Portrait(s) de Daniel Koch, le «Monsieur Covid-19» qui part à la retraite

Daniel Koch, le 25 mars à Berne. | Keystone / Alessandro della Valle

Depuis le début de l’épidémie de coronavirus en Suisse, Daniel Koch est devenu «Monsieur Covid-19» dans le pays. Responsable de la division des maladies transmissibles à l’Office fédéral de la santé publique (OFSP), il passe le témoin à Stefan Kuster le 1er avril, tout en restant le délégué de l'office jusqu'au terme de la pandémie. Portrait en… portraits d’un visage emblématique de la réponse suisse à la crise sanitaire, émacié mais rassurant.

Pourquoi on en parle. Peu connu du grand public, ce médecin bernois de 64 ans est apparu dans la salle de presse du Palais fédéral le 28 janvier pour parler du coronavirus. Il n’y avait pas encore de cas en Suisse, pas d’épidémie, pas de morts. Depuis, ses interventions et ses messages sont presque devenus paroles d’évangile.

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Comment lire les différentes courbes de l'épidémie de coronavirus?

La courbe des cas de contaminations à travers le monde. | John Hopkins University

À travers le monde, le nombre de personnes contaminées au Covid-19 vient de dépasser les 800’000 personnes, selon les données fournies par l’université John Hopkins. Le pire de l’épidémie est-il passé en Chine? Certainement. Et dans le monde? Pas vraiment. Comment le savoir? En regardant d’un peu plus près les différentes courbes qui émanent de l’épidémie, et notamment en échelle logarithmique, que nous vous présentions et expliquions dans un autre article.

La différence. On peut examiner le nombre de personnes contaminées par le coronavirus de plusieurs manières: de façon linéaire, sans modifier l’échelle verticale, et de façon logarithmique, où les graduations verticales correspondent à une multiplication (et non pas à une incrémentation). La chaîne Youtube MinutePhysics, aux près de 5 millions d’abonnés, explique en quoi ce second type de visualisation est plus éclairant que le premier, à l’aide d’une vidéo en anglais:

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Il n'y a pas que le coronavirus qui inquiète les médecins, il y a tous les autres patients aussi!

Philippe Eggimann

Mobilisé contre la pandémie de coronavirus, le corps médical subit des restrictions de pratiques imposées aux cabinets par la Confédération. Ne plus traiter les patients fragiles ou chroniques peut engendrer une dégradation simultanée de la santé de la population pour un coût humain exorbitant. Le Dr Philippe Eggimann, président de la Société médicale de la Suisse romande (SMSR) et de la Société vaudoise de médecine (SVM), lance un appel urgent.

Médecins installés ou hospitaliers, médecins spécialistes ou généralistes, médecins de ville ou de campagne, et même parfois médecins retraités, l'ensemble du corps médical est actuellement pleinement mobilisé et solidaire contre la pandémie de coronavirus.

Mais il n’y a pas que le coronavirus qui inquiète les médecins, car tous les autres besoins médicaux de la population n'ont pas disparu. Or l’on constate que de nombreux patients ont annulé ou repoussé des consultations ces quinze derniers jours, parfois pour ne pas surcharger leur médecin, parfois par peur de sortir de chez eux. Ce faisant, ils ont aussi pris des risques pour leur santé qu’ils ne prennent pas en temps normal. Une dégradation générale de l’état de santé de la population et, notamment, des patients fragiles ou chroniques, est clairement à craindre si la situation ne s’inverse pas.

Chaque jour, la newsletter qui vous livrera infos, témoignages et analyses au cœur des hôpitaux.

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Pour la première fois, un essai mené à Wuhan confirme l'intérêt de la chloroquine contre le coronavirus

Un médecin examine des scanners pulmonaires à l'hopital Huoshenshan de Wuhan (illustration). | Keystone / Wang Yuguo

Exceptionnellement, nous avons décidé de mettre cet article à disposition gratuitement tant ces données sont importantes pour bien réagir face à l'épidémie en cours et mieux la comprendre.

Rarement résultat aura été si attendu. Un premier essai clinique randomisé vient de livrer ses résultats quant à l’efficacité de la chloroquine contre l’infection au nouveau coronavirus. Signée de médecins de Wuhan et pré-publiée lundi 30 mars sur MedRXiv, l’étude montre que la molécule (dans sa version hydroxychloroquine) permet en quelques jours de réduire la durée des symptômes – et possiblement leur gravité – chez des patients atteints d’une pneumonie consécutive au virus. Et ce avec un protocole solide, qui donne à ce résultat modeste mais prometteur un degré de fiabilité élevé.

Pourquoi c’est important. D’abord évoquée par les chercheurs chinois, l’hypothèse de la chloroquine a connu un retentissement immense avec les déclarations du Pr Didier Raoult, chercheur marseillais en microbiologie de renommée mondiale, qui y voit un remède possible contre Covid-19 s’il est prescrit assez tôt dans le cours de la maladie. L’hypothèse, motivée par des données in vitro mais jusqu’ici très peu étayée par les données cliniques, a instantanément divisé la communauté médicale, partagée entre prudence et nécessité. Ce premier essai de niveau de preuve important constitue donc un vrai pas en avant.

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Plus de 16'000 cas en Suisse: les grandes étapes de la pandémie de coronavirus

Heidi.news vous propose une carte interactive (actualisée une fois par jour vers 20 heures) permettant de suivre la propagation du virus sur le territoire national avec la répartition cantonale. Ainsi que le suivi des principales informations internationales sur la pandémie.

31 mars. Le nombre de cas et de décès en Suisse continue à augmenter. Le bilan de l’OFSP à la mi-journée fait état de: 16’176 cas positifs et 373 personnes décédées. A ce jour, 123’150 dépistages ont été menés, dont 13% positifs:

Etat du monde le 31 mars

Le bilan aux Etats-Unis dépasse désormais celui de la Chine, du moins ses chiffres officiels. Plus de 3400 personnes sont mortes des suites de Covid-19 aux Etats-Unis.

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Quelle est la différence entre morbidité et létalité?

Shutterstock / Lightspring

Votre questions complète. «Les spécialistes qui s’expriment sur l’épidémie de coronavirus utilisent des termes que je ne comprends pas, comme morbidité et létalité. Quelle est la différence entre morbidité et létalité?» Une lectrice s’interroge sur les réseaux sociaux concernant le vocabulaire trop spécialisé utilisé pour parler de l’épidémie de Covid-19.

La réponse d’Annick Chevillot, responsable du Flux Santé. C’est vrai qu’il n’est pas toujours facile de vulgariser des termes couramment utilisés dans les secteurs scientifiques et médicaux. Surtout lorsque les termes en question sont précis et doivent aider à la compréhension des épidémies en général et plus particulièrement celle de Covid-19 qui nous touche directement en Suisse et en Europe.

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«La Protection civile m'envoie en EMS, mais je n'ai pas été testé»

Un membre de la Protection civile à La Chaux-de-Fonds. (KEYSTONE/Laurent Gillieron)

Notre nouvelle newsletter gratuite, le Point Coronavirus vient remplacer pour quelques semaines le Point Sciences. Chaque jour, elle livre infos, témoignages et analyses au cœur des hôpitaux. Ce nouveau rendez-vous quotidien donne la parole aux soignants qui se dévouent sur le front du Covid-19.

«Il y a quand même beaucoup de gens qui gardent des portes.» Quentin* a dû quitter temporairement son emploi habituel quand il a été mobilisé par la Protection civile (PCi) dans le canton de Vaud. Il s'interroge sur l'efficacité du dispositif.

Il y a 2 semaines, la PCi a envoyé un courrier de mobilisation à tous les astreints du canton, et les a répartis entre les EMS, les cliniques et les associations. «Le premier jour, pour attribuer les missions, on se retrouve à une petite cinquantaine dans un endroit pas aéré, proches les uns des autres. Personne n'a été testé. Potentiellement, on a pu tous se contaminer.»

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Se préparer à l’arrivée du Covid-19 en EHPAD, «une attente armée qui épuise les nerfs»

Un EHPAD en France, près de Montpellier (image d'illustration) | GUILLAUME HORCAJUELO/EPA/KEYTONE

Témoignage de Sylvie*, médecin en EHPAD en région frontalière franco-suisse. En France, les Établissements d’hébergement pour personnes âgées dépendantes (EHPAD) sont l’équivalent des EMS suisses.

«Pour l’instant, nous attendons la vague, aucun cas n’a encore été détecté dans notre établissement. Nous faisons beaucoup de tests, car les symptômes de la maladie sont encore plus flous et difficiles à identifier chez les personnes âgées. Parfois, il s’agit d’une simple confusion… Jusqu’à présent, ces tests ont été négatifs, mais nous avons conscience d’être assis sur des sables mouvants, car l’expérience ailleurs a montré que la situation évolue vite. On sait que le Covid-19 est à nos portes. Nous avons la chance d’être plutôt bien lotis en ressources humaines et matérielles. Nous avons une équipe stable et soudée. Mais c’est une attente armée qui dure et qui épuise les nerfs.

Nous échappons pour l’instant aux pénuries de masques. Nous en avons suffisamment pour en fournir un par jour à chaque soignant, même si l’idéal serait de pouvoir en distribuer plusieurs, et pour en donner un par semaine à chaque résident, notamment pour ceux qui n’arrivent pas à rester dans leur chambre sans se déplacer. Je parle là de masques chirurgicaux, car les rares masques FFP 2, on ne les jette pas, l’idée étant de trouver un moyen de les stériliser pour les réutiliser plus tard. Paradoxalement, là où l’on pourrait avoir des manques, c’est du côté des surblouses jetables en intissé.

Nous avons l’expérience de la grippe, que l’on sait gérer dans l’établissement. Comme pour la grippe, nous ferons peut-être face à un problème de surmortalité différée, lorsque des résidents affaiblis se montrent ensuite plus vulnérables à d’autres affections les mois suivants. Cette surmortalité différée est encore inconnue pour le coronavirus. Mais entre gérer une épidémie de grippe ou de Covid-19, le niveau de mortalité n’est pas le même, le niveau de stress non plus. Sans compter que notre personnel n’a pas l’habitude de travailler avec un masque toute la journée.

Conformément aux consignes, comme dans les autres EHPAD en France, nous avons mis fin aux visites familiales depuis 2 semaines. C’est difficile pour les familles aussi, même si la plupart comprennent que cela permet d’assurer la sécurité de leurs parents. Depuis quelques jours, les repas se déroulent en chambre, et non plus dans la salle à manger. Mais nous faisons beaucoup d’efforts pour maintenir la qualité de vie. Pour éviter que nos résidents souffrent trop de la solitude, nous voulons essayer de maintenir des animations, par petits groupes de 3 ou 4, bien distanciés les uns les autres, dans de grandes salles. Nous n’aurions pas les moyens humains de porter cette animation dans toutes les chambres. Nous maintenons aussi des promenades par petits groupes de deux dans le jardin intérieur. Nous bénéficions également de la présence d’une psychologue.

Comment le vivent les résidents? Il y a ceux qui n’ont pas toute leur tête ou qui souffrent de la maladie d’Alzheimer, et qui sont en quelque sorte protégés par leurs troubles cognitifs, et les autres, qui sont plus stressés par la situation. Chez ces derniers, on s’assure lors des passages en chambre que la TV n’est pas bloquée en permanence sur une chaîne d’info en continu comme BFM… Après, concernant le maintien des relations sociales avec les familles, la difficulté est aussi que beaucoup de résidents sont durs d’oreille et comprennent mal au téléphone. Pour leur permettre d’échanger malgré tout avec leurs proches, certains soignants leurs prêtent leur téléphone pour qu’ils puissent voir leur famille avec des outils comme Skype. Nous essayons aussi de nous renseigner sur les petites douceurs que leur amènent les familles lors des visites, et de leur apporter de temps en temps les mêmes produits pour qu’ils gardent le moral…

On nous a demandé de préparer des dossiers, avec les familles, pour chaque résident, qui permettront de faciliter les décisions à prendre, s’il devait y avoir des procédures lourdes de réanimation. C’est là tout le problème éthique de la fin de vie et de la qualité de vie, pour des personnes âgées et polypathologiques.»

* Prénom d’emprunt, identité et lieu de travail connus de la rédaction

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Les Suisses peu enclins à agir pour réduire leur empreinte carbone

Trafic dense dans les rues de Zurich. | KEYSTONE/Gaetan Bally

Le réchauffement climatique inquiète de plus en plus les Suisses. Mais seul un tiers des habitants du pays se disent prêts à réduire leur empreinte carbone et un quart à diminuer leur utilisation de la voiture. C’est ce que conclut une étude de l’Université de Neuchâtel publiée dans la revue Social Change in Switzerland.

Pourquoi c’est intéressant. Dans cette recherche intitulée «Les intentions contradictoire des Suisses vis-à-vis de leur consommation d’énergie», l’équipe de l’Université de Neuchâtel met le doigt sur plusieurs paradoxes. Ils soulignent notamment que les personnes affichant une meilleure compréhension de l’énergie de son impact sur le climat sont les plus réticentes à changer leurs habitudes.

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Face au coronavirus, l’open source sauve des vies

Quentin Louis Adler

Quentin Louis Adler est avocat spécialisé en droit des nouvelles technologies. Il prépare une thèse juridique sur l’open source hardware à l’Université de Neuchâtel, financée par le FNS.

De quoi on parle? Le Covid-19 met sous pression le corps soignant, mais aussi les fabricants et distributeurs d’appareils et accessoires médicaux, tels que machines de ventilation, masques respiratoires, concentrateurs d’oxygène, oxymètres de pouls, etc. Les industriels traditionnels peinent à tenir le rythme de la demande, avec des perspectives sinistres.

Pour lutter contre cette pénurie, des communautés de fabricants, ingénieurs et professionnels de la santé contribuent sur le web au codéveloppement et à la fabrication décentralisée de dispositifs médicaux selon des modèles open source hardware. Par exemple, la PME polonaise Urbicum propose depuis le 20 mars 2020 des ventilateurs respiratoires en open source (projet Ventilaid) sur le site Gitlab.com (lire l’article de Heidi.news).

| | question

Soignant dans un établissement, qui va payer ma franchise si je suis infecté au travail?

La crise du coronavirus met de nombreuses entreprises et salariés en grande difficulté. Des mesures de soutien ont été décidées et connaître ses droits est plus important que jamais. Heidi.news crée un nouvel espace de questions-réponses juridiques, en partenariat avec l’étude d'avocats SIGMA LEGAL (Genève et Lausanne). Posez-vos questions à l’adresse redaction@heidi.news

Crédits: PxHere

La question complète. Je travaille comme soignant dans un établissement médical. A qui incombe le paiement de ma franchise d’assurance maladie si je suis infecté par le Covid-19 sur mon lieu de travail?

La réponse de Me Kevin Guillet, avocat, étude Sigma Legal (Genève et Lausanne). La Loi fédérale sur l’assurance-accidents (LAA) et son ordonnance (OLAA) prévoient que les travailleurs occupés en Suisse sont obligatoirement assurés contre les accidents (art. 1a LAA), sous réserve des travailleurs à temps partiel qui sont occupés moins de huit heures par semaine chez un employeur (art. 13 OLAA).

Une actualité vous interroge ?

Posez votre question à la rédaction de Heidi.news

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Israël veut produire plusieurs centaines de respirateurs par jour

Le type de respirateur développé | Giora Kornblau, Arie Cohen

Craignant que les 1’437 ventilateurs dont dispose le pays ne soient pas suffisants, l’aviation israélienne, avec l’appui de Microsoft, travaille actuellement sur un prototype de respirateur. La technologie mise au point sera disponible en «open source».

Pourquoi c’est prometteur. Selon ses concepteurs, la machine pourrait être fabriquée rapidement et à moindre coût, de quoi en produire des centaines par jour. Dans un communiqué repris par le média israélien The Jerusalem Post, les développeurs ont expliqué leur démarche: «Il s'agit d'un produit qui utilise un ballon respiratoire manuel et le fait fonctionner de manière intelligente et automatique, en "open source" de sorte que toutes ses instructions de montage sont ouvertes au public, en Israël et dans le monde entier».

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The Jerusalem Post

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Les quartiers ultra-orthodoxes, foyers du coronavirus en Israël

Keystone

En Israël, il est une communauté qui n’a que faire des mesures de confinement imposées par le gouvernement: les ultra-orthodoxes. Comme l’écrit le quotidien israélien Haaretz, dans les quartiers religieux, les branches les plus sectaires sont convaincues que la prière constitue le seul antidote au virus.

Pourquoi c’est important. Résultat: la police envisage de boucler certains quartiers et le taux de malade chez les religieux est beaucoup plus élevé que la moyenne israélienne. Une situation qui favorise le ressentiment du reste de la population à leur égard. En Israël, 4518 sont infectées par Covid-19 et le bilan est de 16 morts.

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Haaretz

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À Genève, on attend toujours la vague de coronavirus

Keystone / Martial Trezzini

Exceptionnellement, nous avons décidé de mettre cet article à disposition gratuitement tant ces informations sont importantes pour bien réagir face à l'épidémie en cours et mieux la comprendre.

La capacité du système sanitaire genevois n’est pas dépassée et de loin, a annoncé à la presse, ce lundi 30 mars, le médecin cantonal genevois Jacques-André Romand, remis depuis peu de Covid-19. Adrien Bron, directeur général à la direction de la Santé du canton, a en revanche expliqué que la situation était tendue dans quatre EMS, où plus d’un résident sur dix a été testé positif.

Ce qui se profile. Le canton a mis en place une task force afin de suivre l’évolution de l’épidémie dans les EMS les plus touchés. Au niveau de la courbe épidémique, Genève est encore dans une phase ascendante. Le médecin cantonal espère passer le cap du pic épidémique lors des deux prochaines semaines, mais rappelle qu’il est impossible de le prévoir avec certitude.