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VIDÉO - Le «Fomo» expliqué par les ados de la Gradelle

Notre émission de vulgarisation scientifique PopScience se déplace dans les écoles. Pour le premier épisode de ce nouveau format, les élèves de la classe 1131 du cycle de la Gradelle, dans le canton de Genève, nous expliquent le syndrome du FOMO, pour fear of missing out, littéralement «la peur de rater quelque chose».

Pourquoi c’est à surveiller. Ce syndrome décrit la crainte que l’on peut éprouver à l’idée de manquer une information ou un événement intéressant, mais aussi la peur de ne pas mener une vie aussi remplie et trépidante que celle des autres.

Si la majorité des élèves de la Gradelle admet ne pas en souffrir, certains avouent, comme Micol, 15 ans:

«J’ai souvent peur de rater quelque chose que mes amis peuvent faire, que ce soit juste une sortie, qu’ils pensent à la faire sans moi.»

Quand Emma, 14 ans, apporte sa propre définition du FOMO:

«C’est une forme d’addiction, une tension et un stress constant de rater quelque chose d’important.»

Qu’est-ce que le FOMO? Le phénomène a été théorisé au début des années 2000, mais c'est un phénomène vieux comme le monde. Nous ressentons tous le besoin de faire partie intégrante d’un groupe. Participer à un maximum d'activités sociales nous permet d’assurer notre place, et de ne surtout pas être exclus.

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C'est un travers de notre psychisme que les pros du marketing connaissent très bien. Pour vous vendre le dernier iPhone, un billet d'avion ou une paire de sneakers, ces enseignes misent sur votre FOMO, en l'occurrence, la peur de rater une occasion en or. Mais si le FOMO existe depuis longtemps et depuis longtemps exploité, le phénomène a été considérablement accentué par les réseaux sociaux.

Avec les réseaux sociaux, Facebook, Instagram, Snapchat ou TikTok, chacun a accès à des milliards d'informations. Les gens y partagent une version idéalisée de leur vie. Et les dommages sont conséquents: plus vous allez scroller sur les réseaux, plus vous risquez de vous sentir…. mal, comme quelqu’un qui paserait à côté de sa vie. Un phénomène qu’il ne faut pas généraliser pour David, élève de 14 ans:

«On entend souvent des discours comme “les jeunes d’aujourd’hui sont toujours sur leur téléphone, de mon temps c’était mieux…”. Bien sûr, il y a des problèmes avec le FOMO, mais je pense qu’on exagère souvent, sans se rendre compte que la réalité est plus complexe. »

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Et les vieux? C’est vrai, le FOMO ne concerne pas seulement les jeunes, à un détail près: chez la génération X (nés entre 1965 et 1980) par exemple, il touche une génération dont la construction psychique est déjà terminée, alors que la génération Z (nés entre 1995 et 2010) est encore en pleine construction mentale.

Aussi, cette peur de passer à côté de sa vie, cette comparaison constante avec des vies idéalisées sur les réseaux sociaux peut avoir de sérieuses répercussions sur la santé mentale des plus jeunes, encore plus que sur celle du reste de la population.

Et on risque quoi? Les scientifiques se penchent de plus en plus sur le sujet. Ils ont décelé une réelle corrélation entre:

  • le temps passé sur les réseaux,

  • le développement d'un FOMO,

  • la dépréciation de soi

  • et finalement d'épisodes dépressifs.

L’anxiété peut se développer jusqu’à devenir une addiction pathologique aux réseaux sociaux. Si vous avez vous-même l’impression d’être accro aux réseaux sociaux, vous devriez solliciter une aide psychologique.

Que faire? Certains garde-fous existent… sur les smartphones directement! Pour ne pas perdre des heures en scrollant d'une vie retouchée à l'autre, on peut par exemple installer des applications de minuteur, comme Space, pour se forcer à limiter son temps d'utilisation sur les réseaux sociaux ou d’autres applications.

Il est également possible d’aller un cran plus loin, et s'adonner au JOMO (joy of missing out). Cette pratique consiste à déconnecter le temps d'un jour, d'un week-end… Elle permet de réaliser que même sans ouvrir son téléphone portable toutes les trois minutes, on arrive à survivre.