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Surmédication à Mancy: «C’est quelqu’un de très criminel qui a fait cela»

Le foyer de Mancy, à Collonge-Bellerive. Eddy Mottaz pour Le Temps et Heidi.news

Les faits reprochés aux prévenus mentionnent une forte dose de Temesta, mais aussi d’autres médicaments susceptibles de mettre en danger une jeune autiste. Après les révélations de Heidi.news et «Le Temps», ce dernier a pu consulter les explications données à la justice par l’une des personnes mises en cause.

Malika, de son prénom d’emprunt, jeune autiste de 13 ans placée au foyer de Mancy, ne s’est pas seulement vue administrer une forte dose de Temesta pouvant mettre sa vie en danger. Des analyses médicales ont montré que la mineure avait aussi ingéré de la clotiapine (un neuroleptique réservé aux adultes) et du lévétiracétam (un anti-épileptique), des substances contenues dans des médicaments qui ne lui étaient pourtant pas prescrits. Cela se serait produit entre février et début mai 2021, soit sur une période de plusieurs mois, selon le procès-verbal d’audition d’une des trois personnes mises en prévention en début de semaine et que Le Temps a pu consulter.

«Je me sens abasourdie. Je ne suis pas du tout liée à ces histoires.» Ce sont les premiers mots adressés par la prévenue à la procureure Victoria de Haller. Cette éducatrice spécialisée, bientôt sexagénaire, coréférente de Malika jusqu’en juillet 2021, faisait des remplacements à Mancy depuis la création du centre. Selon elle, la préparation des piluliers se faisait par les infirmiers, puis des collaborateurs fixes. «Tout le monde avait accès à la pharmacie car elle n’était pas fermée à clé.» Depuis cette affaire, les choses ont changé, même si les nouvelles règles «ne sont pas toujours respectées».

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