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«Pour les Afghanes, l’école sert surtout à retarder le mariage»

Enayat Nasir, éminent défenseur de l’éducation inclusive dans son pays d’origine et coordinateur de nombreux projets sur le terrain. | DR

Une délégation talibane a fait les yeux doux à la Genève internationale mi-février, peu après l’annonce du grand retour des filles à l’école, le 21 mars. «Un coup de comm’ teinté d’opportunisme politique», selon Enayat Nasir, éminent défenseur de l’éducation inclusive dans son pays d’origine et coordinateur de nombreux projets sur le terrain. Depuis les Etats-Unis, où il s’est réfugié suite à l’offensive politique de 2021, le militant raconte son combat impossible à Heidi.news.

Pourquoi son témoignage est intéressant. Le système scolaire en Afghanistan se reconstruit actuellement au gré des restrictions et des dogmes du régime autoritaire. Une crise qui frappe de plein fouet la gent féminine du pays, dont la majorité reste exclue des cursus scolaires depuis le récent retournement politique.

Afin de soigner leur image, les nouveaux dirigeants du pays se disent favorables à l’éducation féminine. Mais entre l’obligation de se faire accompagner d’un homme pour se rendre à l’école et l’absence de perspectives professionnelles, les jeunes Afghanes sont toujours plus nombreuses à renoncer à leurs études.

Heidi.news — Comment pensez-vous que les négociations à Genève vont impacter la scolarité des jeunes Afghanes, à terme?

Enayat Nasir — Il y a deux scénarios possibles, à mon avis. Dans le premier, la communauté internationale mettrait une pression active sur le gouvernement en place et déciderait que les Talibans ont besoin d’établir un cursus offrant une vraie perspective aux élèves. Dans le deuxième, on se contenterait de l’ouverture des écoles, sans intervenir sur le contenu pédagogique.

Quel est votre message pour la communauté internationale, à ce stade?
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