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Le directeur d'Opeo licencié pour sa prime aux employés non vaccinés

Le directeur de l'entreprise de ramassage de déchets a provoqué la controverse en proposant une prime pour ses collaborateurs non vaccinés. | Opeo.ch

Révélée par Heidi.news, la prime proposée par le directeur d’Opeo pour les employés non vaccinés suscite la controverse, écrit le journal 24 Heures. Jean-Daniel Héritier annonce avoir été licencié par l’administrateur de l’entreprise, Gilles Goutte, après «dix-neuf ans de bons et loyaux services». Président du conseil d’administration, Gilles Goutte n’était pas joignable pour commenter l’information. Le patron de l’entreprise de ramassage de déchets a fait part au quotidien vaudois du «cauchemar» qu’il traverse depuis la publication de l’article.

Pourquoi on en parle. Jean-Daniel Héritier s’est dit «très déçu du comportement et de l’article publié par Heidi.news». Selon lui, l’article ne relate pas ce qu’il a partagé avec le personnel d’Opeo. Il explique désormais que la prime vise à payer des dépistages Covid à ses employés durant six mois, à concurrence d’un test rapide à 40 francs par semaine et par employé, soit environ 1000 francs pour 24 semaines.

Cette somme doit permettre aux collaborateurs d’exercer leur droit à ne pas se faire vacciner sans devoir assumer des coûts supplémentaires dans leur vie privée. Jean-Daniel Héritier affirme également dans les colonnes de 24 Heures qu’il n’a rien contre les vaccinés et qu’il travaille «en très bonne intelligence avec des collaborateurs qui ont reçu l’injection».

Pour rappel, selon les propos publiés sur le site de François de Siebenthal, qui l’ont été sans l’accord du principal intéressé, Jean-Daniel Héritier affirmait: «Nous sommes une des rares entreprises avec un taux de vaccinés de 0%. C’est une fierté aujourd’hui pour moi».

François de Siebenthal a publié un message a posteriori sur son site, expliquant qu’il avait publié les propos du directeur d’Opeo sans son consentement. Il n’a pas pour autant retiré le message initial, et y a ajouté la réponse que lui a transmis Jean-Daniel Héritier, qui conclut:

«J’ai un employé ou deux qui vont tout bientôt se faire vacciner avec rendez-vous, ils sont libres et ils le savent.»

La commune de Pully étudie l’affaire. Selon Jean-Daniel Héritier, cité par 24 Heures, la commune de Pully – qui a mandaté Opeo – lui avait fait savoir qu’elle envisageait de geler le processus de renouvellement de contrat.

«Je ne veux pas que mes actions mettent mes collaborateurs et la société en péril. Si je dois m’en aller, soit, mais ne faites pas payer la société et ceux qui en dépendent. Sommes-nous en démocratie?»,

s’interrogeait-il dans les colonnes du quotidien vaudois.

La coopération entre Opeo et Pully va continuer. Heidi.news avait contacté la commune de Pully mardi 28 septembre. «Le syndic nous avait alors confirmé que la Municipalité en discuterait lors de sa prochaine séance», avait répondu le secrétariat général de la commune.

Depuis, la Municipalité a pris sa décision et l’a fait savoir par un communiqué diffusé ce lundi 4 octobre. «La Municipalité de Pully avait été informée par la presse de l’existence d’une prime proposée par le directeur d’Opeo (…) aux employés non vaccinés contre Covid-19. Ce manquement au respect des directives du Conseil fédéral relatives à la pandémie a été jugé inadmissible.»

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Communiqué de presse diffusé par la Ville de Pully le lundi 4 octobre.

La Ville précise que le cadre des marchés publics impose de travailler avec des mandataires appliquant le droit du travail notamment en termes de santé et de protection des employés. Compte tenu de la décision prise par le conseil d’administration de licencier le directeur d’Opeo pour faute grave, la Ville de Pully considère que la décision devrait contribuer à rétablir une communication adaptée avec les employés de l’entreprise. Elle n’envisage donc pas de remettre en cause la poursuite de la collaboration avec Opeo.

Conseils de santé effacés. Sur son site, l’entreprise affirmait ce week-end encore «conseiller à tout [s]on personnel et toute la population de prendre la vitamine C, de la vitamine D et du zinc afin d’éliminer la possibilité d’être atteint sous une forme grave par ce virus». Selon nos informations, c’est l’administrateur de l’entreprise qui a exigé le retrait de ce message.

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Contacté par Heidi.news, le Département vaudois de la santé et de l’action sociale précise qu’il n’est pas illégal de prescrire des vitamines et oligo-éléments pour renforcer l’immunité. «Ces produits, selon les dosages, sont assimilés à des compléments alimentaires. Le risque de surdosage, et par conséquent d’effets indésirables, est faible mais pas nul», ajoute le département.

Il rend attentif au fait que la conseillère d’Etat Rebecca Ruiz avait demandé au Conseil scientifique d’évaluer l’intérêt d’une prise de compléments alimentaires. Lors d’une réponse à un député sur cette question au Grand Conseil vaudois, avait dit:

«Dans ses conclusions, le Conseil scientifique ne soutient pas ces recommandations spécifiques, mais rappelle par contre l’importance d’une alimentation saine et équilibrée, riche en fruits et en légumes variés pour conserver la santé, en particulier durant la crise actuelle.»

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