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EXCLUSIF - Des enfants autistes maltraités dans l’impunité au foyer de Mancy

Le foyer de Mancy, à Genève, le 26 janvier 2021. | Eddy Mottaz, pour Le Temps et Heidi.news

Enfants privés de nourriture, enfermés, projetés au sol, laissés dans leurs excréments ou encore traînés d’une pièce à l’autre par leurs vêtements: une enquête conjointe du Temps et de Heidi.news prouve l’existence de maltraitances répétées de la part d’une partie du personnel de cet établissement spécialisé à Genève.

A Genève, le scandale du foyer spécialisé de Mancy prend une nouvelle tournure. Des documents que Le Temps et Heidi.news ont pu consulter prouvent en effet l’existence de maltraitances répétées envers les enfants de la part d’une partie du personnel, hommes et femmes confondus: privation de nourriture, enfermements, enfants projetés au sol, laissés dans leurs excréments ou encore traînés d’une pièce à l’autre par leurs vêtements. Des faits documentés et dénoncés par plusieurs collaborateurs dès mai 2019, soit moins d’un an après l’ouverture de cet établissement géré par l’Office médico-pédagogique (OMP), qui dépend du Département de l’instruction publique (DIP) et accueille des jeunes autistes sévères ou atteints de lourdes déficiences intellectuelles. Selon nos informations, corroborées par les témoignages d’une dizaine de personnes, certains de ces comportements maltraitants auraient perduré au moins jusqu’au printemps 2021.

Fin septembre dernier, Le Temps avait dévoilé les graves dysfonctionnements de ce foyer, évoquant des jeunes livrés à eux-mêmes, des locaux inadaptés, un personnel à bout de souffle et un manque de soutien de la hiérarchie. La réalité est autrement plus grave. Face à des jeunes atteints de pathologies lourdes, difficiles à gérer et qui peuvent se montrer agressifs, certains collaborateurs, éducateurs et infirmiers, vraisemblablement dépassés, ont répondu par la violence. Des mauvais traitements qui vont au-delà des deux cas médiatisés jusqu’ici, celui d’Elias, au nom duquel sa mère, Natacha Koutchoumov, a annoncé vouloir porter plainte, et celui d’Anthony, pour qui Bertha Albuquerque a dû livrer une longue bataille judiciaire afin d’en récupérer la tutelle. En tout, au moins sept enfants auraient été concernés, sur une petite dizaine ayant séjourné à Mancy en trois ans.

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