Des sans-abris accueillis dans les jardins de la Haute école de travail social à Lausanne

Plusieurs tentes, dont l’une pour des familles, abritent des dortoirs. / Julie Eigenmann

Plusieurs tentes blanches, dont l’une pour des familles un peu à l’écart, abritent des dortoirs avec des lits de fortune installés sur l’herbe. Nous sommes dans les jardins de la Haute école de travail social et de la santé de Lausanne (HETSL), investis depuis le lundi 30 mai par le collectif de lutte contre le sans-abrisme 43m2. Non loin d’un espace cuisine, des tables en extérieur sont surplombées par une bâche estampillée «Maintien des lits à l’année». Il y a aussi un wifi accessible, nous précise-t-on.

Pourquoi on en parle. Il y a un mois, ce même collectif avait été contraint de quitter l’esplanade de Beaulieu, où les militants n’étaient restés que quelques heures. Ils voulaient protester contre la fermeture en été de deux lieux d'accueil lausannois pour SDF et souhaitaient plus généralement demander davantage de logements d’urgence ouverts toute l’année. Installé lundi, le collectif accueille depuis mercredi soir à la HETSL des personnes sans-abri, jour et nuit.

Pour les militants, le choix de ce nouveau lieu tombait sous le sens, comme l’explique une membre du collectif: «On avait concrètement besoin d’un lieu protégé pour les gens qui sont à la rue, où personne ou presque ne nous voit. Et nous pensons qu’une école de travail social peut être une alliée dans ce combat et comprendre ce que l’on fait. Aujourd’hui nous sommes en discussion avec la direction.» Elle ajoute:

«Dès la première nuit nous avons accueilli vingt personnes! Cela montre que le besoin est bien là.»

Alessandro Pelizzari, directeur de la HETSL, est d’accord sur le fond, mais moins sur la forme:

«La problématique qu’ils dénoncent est réelle. Mais le mode d’action n’est pas adéquat et je leur demande de partir depuis le premier jour.»

Du côté des étudiants, pas de position officielle: «Nous ne pouvons pas représenter la totalité des avis divergents de la communauté estudiantine de la HETSL», nous répond l’association des étudiants HETSLibre.

Parmi les personnes accueillies dans les jardins, on rencontre Camille*, 34 ans:

«Je suis SFD depuis dix ans. Ici, je me suis tout de suite sentie acceptée, surtout en tant que personne trans. J’espère pouvoir rester, me poser un peu. J’ai beaucoup bougé.»

*Prénom d’emprunt